I)E L’INFLUENCE DES PRIX SUR LES REVENUS
tionsdela production détermine uneliaisse de prix, il y aura accroissement de production et accroissement de revenu réel : tandis qu’il pourra y avoir augmentation ont diminution dans le revenu nominal.
Procédons séparément à la discussion de ces quatre cas distincts. Comme les chiffres n’ont ici d’autre fonction que d’aider l’esprit, à la manière des signes de l’algèbre, dans une suite de raisonnements généraux, nous prendrons des chiffres très-simples et d’ailleurs arbitraires, sans nous préoccuper du soin de les accommoder à telle application concrète et effective.
165. — Ier cas. Diminution du revenu réel, diminution du revenu nominal. Soit donc, pour fixer les idées, 10 fr. le prix ancien et 12 fr. le prix nouveau, 10 000 la demande qui correspondait à l’ancien prix et 8 000 celle qui s’établit dans le nouvel ordre de choses, de manière que le produit brut s’abaisse de 1 00 000 fr. à 96 000 fr. Par suite du renchérissement de l’article, ceux des consommateurs qui ont continué d’acheter, ont été obligés de distraire de la demande des autres articles, pour l’ap pliquer à la demande de l’article renchéri, une somme
égale à 2 fr. répétés 8 000 fois, ci 16 000 f.
Au contraire, ceux des consommateurs que le renchérissement a détournés de demander l’article qu’ils consommaient auparavant, ont pu disposer pour d’autres demandes d’une portion de leurs revenus, égale à 10 fr. ré-
pétés 2 000 fois, ci 20 000
Différence 4 000 f.
c’est-à-dire (comme cela doit être) une somme précisément égale à celle dont a diminué le revenu des producteurs de l’article renchéri.
On aurait tort 'd'objecter que nous venons de distinguer parmi les anciens consommateurs ceux qui continuent d’acheter malgré le renchérissement, et ceux qui cessent d’acheter, sans avoir égard aux consommateurs qui prennent un parti mitoyen et se bornent à réduire leur demande : car, à un tel consommateur on peut toujours par la pensée en substituer deux autres placés, l’un dans la première catégorie, l’autre dans la seconde. La simplification admise pour la commodité du discours ne change donc rien au fond du raisonnement.
Maintenant il faut observer (conformément il la distinction établie aux n°8 152 et suiv.) que les consommateurs de la première catégorie qui payent 96 000 fr. pour obtenir ce qui ne leur coûtait précédemment que 80 000 fr., sont au fond dans la même position que si
leur revenu eût été diminué de 16 000 f.
Si donc on ajoute à cette perte réelle des consommateurs, la perle des producteurs de l’article, savoir. 4 000
la somme 20 000 f.
exprimera la diminution réelle survenue dans le total des revenus, le chiffre A 000 n’exprimant que la diminution nominale.
Remarquons que ce résultat coïncide avec celui qu’on obtiendrait directement, en considérant que la hausse de prix a réduit de 10 000 unités à 8 000 le chiffre de la production annuelle, et par cela même anéanti une valeur égale à l’ancien prix 10 fr. répété 2 000 fois, ou à 20 000 fr. ; qu’à la vérité la quantité 8 000 qui continue d’être produite a haussé de 2 fr. par unité, ce qui réduit à 16 000 fr. la perte supportée par les producteurs; mais que cette plus-value, qui vient pour eux en