DE L’IMPOT EN GÉNÉRAL
qu'il fallait varier les moyens d'intéresser la vanité des uns par des distinctions, de tenter la cupidité des autres par des combinaisons aléatoires, et presque toujours de dissimuler ja fragilité du gage. D’abord (par une suite des coutumes féodales, sous l’empire desquelles tout emploi devenait un fief) on a vendu des charges, des offices de création nouvelle, en y attachant des prérogatives honorifiques, des exemptions d’impôt, et en attribuant au titulaire de l’office, comme revenu du capital aliéné, des taxes à percevoir sur certaines catégories de justiciables, d’administrés, de producteurs, de marchands, d’acheteurs. On a eu des émissions de papiers de crédit, des emprunts viagers sur une ou plusieurs têtes, des tontines, des billets remboursables par la voie du sort, avec des primes diversement échelonnées. Mais, tandis qu’on n’a jamais pu se passer de la variété dans les irnpôts(malgré les spéculations des théoriciens, et quels que fussent les progrès de la richesse générale), raffermissement du crédit public chez les nations en voie de s’enrichir et passablement gouvernées (atTermissemenl do crédit qui résulte lui-même du besoin de placer les épargnes quotidiennes) a permis de simplifier les formes de l’emprunt et de les ramener à deux types en quelque sorte normaux : 1° l’emprunt en billets à courte échéance, dont la masse a reçu le nom de dette flottante; 2° l’emprunt en rentes perpétuelles ou la dette consolidée. Les Gouvernements ont ainsi devancé les grandes Compagnies industrielles dans l’établissement de ces fonds publics dont nous avons étudié, au chapitre VIII du livre I", l’influence sur le système économique. Nous n’avons que peu de remarques à y ajouter ici.