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DE L’IMPOT EN GÉNÉRAL

nno cité, comme pour une nation ; et nous voyons que lorsqu’il est question d’autoriser l’emprunt d’un département ou d’une ville, le Gouvernement ne l’admet pas. 11 imite en cela la Nature, qui a sagement voulu que, dans la vie de famille, la plupart des pères eussent un autre plan de conduite. 11 serait en effet bien à craindre, ou que l’intérêt des novateurs et des promoteurs de dépenses n’eut trop beau jeu, à la faveur de ce legs fait aux générations futures, ou que celles-ci ne fussent tentées de répudier le legs à elles fait par leurs devancières, plutôt que de se refuser les moyens de les imiler dans leurs anticipations sur l'avenir (41),

203. — Restent les nécessités de la politique, subordonnées (quoi qu’on en puisse dire) à d’autres règles que celles qui dominent les rapports civils et sociaux. Alors les questions que nous venons d’indiquer ne se posent même point. Une nation sent ses forces et elle en veut user; la passion politique est excitée, l’honneur national est en jeu. Il faut faire la guerre et il faut emprunter pour la faire, après quoi il faudra peut-être emprunter pour acheter la paix. L’emprunt a pour lui le suprême argument, minima de malis.

Aussi a-t-on vu trop souvent qu'après qu’une nation a acheté, au prix des désastres d’une révolution ou de la honte d’une banqueroute, l’anéantissement des dettes occasionnées par la politique, elle rentre bien vite dans la voie des emprunts. Ainsi ferait elle à plus forte raison, si l’ancienne dette était éteinte à la faveur d'un mécanisme régulier. D’où cette première question : est-il bon qu’une nation paye d’anciennes dettes, uniquement pour se donner la facilité d'en contracter d’autres?

Celte question une fois résolue dans le sens le plus favorable aux progrès de la sagesse des nations (car on ne doit jamais perdre de vue que la sagesse des Gouvernements n’est que l’expression de la sagesse des nations), il s’agit de savoir à quel mode de remboursement l’on aura recours. Le mode de remboursement par litres ou obligations tirées au sort ne saurait convenir pour un emprunt de l’Elat, causé parla politique, comme il convient, par exemple, pour l’emprunt fait par une ville : par la raison toule simple que la ville, soumise à la sage tutelle de l’Etat, no peut emprunter que dans un but d’utilité économique ou sociale, en raison de ses ressources actuelles et dans des temps prospères. Il en résulte que la charge du remboursement peut être répartie sur une durée de vingt, trente, cinquante ans, sans excéder les forces de la génération qui emprunte. Il en résulte encore que l’écart entre la dette nominale qui doit être effectivement remboursée et la somme effectivement reçue par l’emprunteur, est un écart tolérable : tandis qu’il serait excessif lorsque l’Etat, comme il arrive si souvent, a été contraint d’emprunter dans dés temps de détresse et d’inquiétude générale.

201. — Ordinairement, les administrateurs de la fortune publique ont préféré le mécanisme déjà expliqué (77) d’une Caisse ou d’un fonds spécial d’amortissement. Mais alors reviennent sous une autre forme les observations déjà fuites. Comment persuader à Une nation qui doit 200 millions do rentes, dont il y en a déjà 100 qui appartiennent à la Caisse d’amortissement, qu’elle doit continuer de payer pendant longtemps encore 100 millions de plus d’impôts, plutôt que d’an-

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