A l’inverse, la hausse des salaires, qui ré
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suite habituellement de l’ouverture de nouveaux débouchés et d’un surcroît d’activité industrielle, peut être la suite d’une raréfaction dans l’offre du travail, ou d’une plus grande accumulation de capitaux qui cherchent emploi. Quand l’offre de travail diminue (toutes les autres circonstances égales d’ailleurs), il y a concurrence pour offrir aux travailleurs de meilleures conditions, sauf à élever le prix des articles produits, dans la proportion requise pour que la production s’arrête au niveau correspondant à la réduction du travail. S'agit-il d’une industrie particulière? Le salaire ne pourra hausser qu’à la condition de laisser au capital engagé dans la production ainsi réduite une rémunération qui ne s’écarte pas trop de celle que le capital trouve dans les autres industries. S’agit-il de causes générales qui affectent solidairement toutes les branches d’industrie? Il faudra que l’abaissement de la rémunération du capital décourage assez les instincts d’accumulation qui l’entretiennent, pour que le capital se réduise à ce que comporte une production restreinte par la raréfaction de l’offre de travail; mais il ne faudra pas que le découragement soit poussé plus loin ; et cette dernière condition est celle qui arrêtera le mouvement ascensionnel du salaire. Si le mouvement ascensionnel résulte de l’accroissement du capital, que ne peut suivre la multiplication du nombre des bras, il s’arrêtera dès que, moyennant la hausse des salaires, la masse de capital offerte se trouvera absorbée par les besoins de la production, à moins qu’il ne s’arrête plus tôt encore, parce que l’abaissement de la rémunération du capital suffira pour prévenir une plus grande accumulation de capitaux.
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22S. — La restriction des ressources naturelles agira comme la raréfaction des capitaux pour provoquer la baisse des salaires. Si la pèche de la baleine est moins fructueuse que par le passé, attendu que les baleines deviennent plus rares, il faudra bien que les marins employés dans celte pèche consentent à une réduction de leurs salaires, pôurque les capitalistes consentent à employer leurs fonds dans l’armement des navires baleiniers. On conçoit, sans qu’il soit nécessaire de l’expliquer en détail, comment la perte se répartira entre les travailleurs et les capitalistes, selon les rapports de cette industrie particulière avec les conditions du marché général des capitaux et du travail.
Que s’il s’agissait d’une pèche côtière, susceptible d’être affermée, le propriétaire interviendrait pour supporter sa part de la perle causée par la restriction des ressources naturelles; et le plus ordinairement, ce ne serait qu’après l’absorption complète de son fermage, qu’il y aurait lieu à une lutte entre le capitaliste et le travailleur, lutte capable d’entraîner une réduction de salaire. Ceux-là donc se sont trompés, qui ont voulu mettre la rente ou le fermage hors de cause, pour ne s’occuper que du conflit entre l’intérêt du capitaliste et celui du travailleur.
Dans les cas auxquels s’applique avec le plus de netteté la théorie de Ricardo sur la rente, il se peut que la hausse de la rente soit une conséquence de la hausse du salaire. S’il faut payer plus cher le voiturier ou le manœuvre qui apporte au marché le bois coupé dans un canton plus éloigné (65), le propriétaire d’un canton plus rapproché, qui n’a point cette charge à supporter, verra s’augmenter sa rente. La rente attachée
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à la possession de la terre la plus fertile, qui n’exige presque point de main-d’œûvre, s’élèvera d’autant plus que les frais de main-d’œuvre s’accroîtront : tandis que la même cause diminuera les rentes foncières des propriétaires de terres moins favorisées. Aussi la plupart des propriétaires fonciers savent-ils fort bien que le renchérissement de la main-d’œuvre ne les aide pas à obtenir, lors d’un renouvellement de bail, une augmentation de fermage. Les origines de la rente (comme nous l’avons reconnu au chapitre YI1 du premier livre) sont trop complexes pour que, à propos de l’influence du salaire sur la rente, nous puissions comprendre tous les cas dans une formule générale.
229. — Pourquoi, dans l’exemple choisi plus haut, le possesseur du droit de pêche court-il le risque de voir son fermage s’évanouir ? Parce que, s’il ne consentait pas à l’abaissement graduel du fermage, les bras, les capitaux trouveraient dans d’autres industries une application plus productive, et qu’on peut se passer de son poisson. Supposez au contraire une population ichlhyophagequi ne trouverait plus d’aliments en quantité suffisante, au cas que l’on renonçât à cette pêche pour laquelle il faut obtenir le consentement du propriétaire : alors, pour qu’une diminution de force productrice aille jusqu’à faire évanouir la rente, il faudra que le poisson pêché suffise à peine à nourrir les pêcheurs, les constructeurs de barques, les fabricants d’engins de pêche, etc. (36). Tant que celle limite ne sera pas atteinte, une part du poisson pêché reviendra au propriétaire qui aura le pouvoir, et qui ne manquera pas d’avoir la volonté de l’exiger. Cette part constituera le fermage en nature et, pour évaluer le fermage en
argent, il faudra tenir compte à la fois de la quantité du fermage en nature et de la valeur du poisson : do sorte que, selon les circonstances, la restriction des forces productrices du fonds possédé pourra, tout eu réduisant le fermage en nature, élever ou abaisser le taux du fermage en argent.
Ne nous occupons plus de la restriction des forces productrices, et suivons la marche ascensionnelle de la population chez nos ichthyophages. Quand la population était rare, il fallait que le maître de la pèche, pour mettre en mouvement les pêcheurs, les ouvriers occupés à fabriquer les barques et les engins de pèche, leur abandonnât une plus forte part du produit de la pèche, et les mit à même de se nourrir mieux, de se procurer par des échanges les denrées de seconde nécessité, tout en s’épargnant de trop grandes fatigues. A mesure que la population augmente, ces pécheurs, ces ouvriers sont forcés d’offrir plus de travail pour obtenir une moindre part du produit de la pêche. La part retenue par le maître de la pèche, ou le fermage en nature, a pour limite supérieure tout ce qui dépasse la portion strictement nécessaire à l’alimentation des pêcheurs et des ouvriers sans le concours desquels l’opération de la pèche serait impossible. Et comme la valeur du poisson, comparée à celle des autres denrées, va nécessairement en augmentant dans de telles circonstances, il en résulte que la hausse du fermage en argent suit une progression encore plus rapide que celle du fermage en nature.
On ne fait guère de théories économiques pour des ichthyophages; et les Eskimaux, qui probablement pratiquent peu le fermage en nature, n’ont jamais ouï
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parler du fermage en argent; mais ce qui vient d’ètrc dit à propus de poisson (parce que la pèche est une industrie beaucoup moins compliquée que l’agriculture, et que cette plus grande simplicité rend l’explication plus commode) peut se dire des choses qui font la base de l’alimentation chez les peuples civilisés. La restriction de la fécondité de la terre, en diminuant la récompense des travailleurs, pourra, selon les cas, élever ou abaisser le niveau moyen de la rente foncière. D’un autre côté, l’accroissement de la population aura en général le double effet, de provoquer la baisse réelle du salaire en nature, lors même qu’elle élèverait le salaire en argent, et d’élever la rente du propriétaire foncier ou le revenu de la terre à laquelle il faut demander, par un surcroît de travail et de capital, un surcroît de produits dont la valeur plus élevée, élève en même temps celle du produit qu’on obtenait déjà sans ce surcroît de capital et de travail.
230. — Les variations de salaires, dont nous venons de tâcher d’indiquer les lois, cesseront d’avoir lieu si l'offre de travail s’ajuste d’ elle-même à la demande, c’est-à-dire si la population ouvrière consent à se restreindre, en raison des diminutions survenues dans la demande de travail. C’est ainsi que la population ouvrière supportera, soit en se raréfiant d’elle-mème, soit en se prêtant à une réduction de salaires, les conséquences d’un fait, tel qu’un perfectionnement industriel, qui augmente d’ailleurs, les consommations, l’aisance, les jouissances des autres classes de la société (225). Bien des personnes cependant regardent comme un principe aujourd’hui acquis à la doctrine, que chaque perfectionnement industriel, en diminuant
LIVKE III. — CHAPITKE X.
le prix de revient de l’article produit, en augmente la consommation, au point d’accroître de ce chef la demande de travail, bien plus que le perfectionnement industriel ne tend à la diminuer. Telle serait la commode solution de ce que l’on a appelé la question des machines. Malheureusement, il n’y a rien de moins évident qu’uu pareil principe, et quant aux preuves expérimentales qu’on en apporte, il est facile de découvrir la cause d’illusion.
Une nation qui se regarde comme la pourvoyeuse du monde entier en fait d’articles manufacturés, ne peut craindre que les perfectionnements de l’industrie manufacturière soient pour elle une cause de suppression de travail et de moindre densité dans la population. Tous ces perfectionnements tendent à amener, à l’aide d’un accroissement de capital, de fortes réductions dans les prix : et de pareilles réductions qui étendent et consolident de plus en plus la suprématie industrielle de la nation dominante, déterminent chez elle un tel surcroît de production, que la demande de travail y est beaucoup augmentée et entretient une population croissante, quoique la production des mêmes quantités requière moins de travail et occupe moins d’ouvriers (161).
Les conditions sont tout autres s’il s’agit de matières premières qui doivent pour la plupart se consommer sur place, ou d’articles fabriqués qu’une nation ne peut produire que pour la consommation intérieure, et auxquels par conséquent ne s’ouvre pas un marché dont l’étendue puisse être considérée comme illimitée. Ainsi, des tissus de cotons sont à l’usage et peuvent aller à l’adresse du monde entier : tandis que des livres français ne sont à l’usage que des populations qui parlent
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le français, et de cette minime fraction des populations étrangères que les recherches de son éducation ont mise à même de lire couramment le français.
231. — Représentons-nous ce monde antique où le travail servile étouffait en quelque sorte le travail libre : l’esclave était une machine dont le propriétaire usait, mais avec laquelle il ne contractait pas; des quatre contrats fondamentaux (1), le contrat do ut des devait se présenter plus fréquemment que tout autre entre personnes libres; et l’on n’en aurait paS connu d’autres s’il n’y avait eu absolument que du travail servile. C’eût été la perfection, selon les grands philosophes du temps, de même qu’à notre point de vue moderne, la perfection Serait que tout le travail pût être fait par les machines à l’aide desquelles nous parvenons à utiliser les agents naturels. Qu’arriverait-il donc ou que pourrait il arriver si nos machines remplaçaient plus complètement encore les esclaves d’autrefois, en se chargeant d’une plus grande partie du travail laissé au jourd’hui aux ouvriers libres, et que la constitution de la société ne se conciliât pas avec une égale répartition des avantages de l’économie de travail, entre toutes les classes de la société? Il faudrait bien qu’il y eût raréfaction de la population ouvrière; que le contrat do ut. des, en d’autres termes que la propriété et le capital acquissent plus d’importance relativement au travail ; et il n’est pas difficile de concevoir comment les sociétés humaines pourraient s’accommoder de ces nouvelles conditions. On bâtirait moins de cabanes, tandis que les classes favorisées se construiraient des habitations plus somptueuses et plus commodes. La laine épargnée sur les A'êtements des pauvres s’apprêterait en tapis
moelleux, jadis réservés aux riches, devenus accessibles aux fortunes médiocres. Le combustible que les ouvriers ne consommeraient plus, servirait à chauffer des vestibules et des serres. Plus de terres seraient affectées à l’élève des chevaux de luxe, à la nourriture des bestiaux de premier choix, et moins à la culture des pommes de terre et des céréales communes. Les résultats de cette transformation seraient d’autant plus choquants pour nous, qu’il subsisterait encore plus d’inégalité danS les conditions sociales : mais ils seraient compatibles avec le nivellement des conditions, pourvu que la tendance à l’accroissement de population Ci\t contenue. A la faveur de l’ilotisme, l’égalité était maintenue à Sparte entre les citoyens : elle aurait pu encore subsister s’ils étaient parvenus à remplacer leurs ilotes par des machines, et ils auraient eu de moins à craindre la révolte des ilotes. Nous ne croyons pas, bien entendu, que le monde tende à devenir une république ou un couvent de Spartiates : nous voulons seulement, dans l’intérêt de la théorie, distinguer ce qui est démontré de ce qui ne l’est pas.
Considérons encore ces contrées tropicales oft le travail paraît être interdit aux races européennes. L’esclavage aboli, il est assez probable que les nègres finiront par en chasser les blancs, et que leurs huttes se dresseront un jour sur les ruines de la luxueuse habitation du colon. Si les esclaves pouvaient être remplacés par des machines, on exporterait les nègres, et la population blanche, débarrassée de ses plus graves soucis, serait une population de propriétaires et de capitalistes qui regarderait fonctionner ses machines, avec l’aide de quelques mulâtres.
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Sans remonter si haut ou sans aller si loin, nous voyons ce que produit chez nous le morcellement de la terre entre les paysans. Il subvient à la nourriture d’une population plus nombreuse, mais il oppose une barrière à l’introduction des machines et à l’économie du travail. Quoi de plus plausible que d’admettre à l’inverse qu’une économie de travail amènerait une raréfaction de la population ? Tout dépend donc du régime sous lequel vit la société.
252. — L’homme, dit-on, aura toujours quelque chose à désirer, qui excitera son industrie : sans doute, mais ce qu’il désirera par surcroît, augmentera la valeur et la quantité des choses susceptibles d’appropriation, à savoir des ressources et des forces naturelles et des instruments de production, plus qu'il n’augmentera la demande de travail, si la puissance de l’homme sur la Nature est effectivement arrivée à ce degré qui fait des agents naturels les esclaves de l’homme.
Les perfectionnements industriels, dit-on .encore, ne peuvent augmenter le revenu réel des consommateurs, le revenu réel et le revenu nominal des propriétaires, des capitalistes, des chefs d’industrie, des commerçants, sans provoquer de leur part, soit qu’ils dépensent leurs revenus, leurs profits en consommations improductives, soit qu’ils les capitalisent, un surcroît de demande d’articles ou de services qui procurera bien vite de l’emploi aux bras que les perfectionnements laissaient inoccupés, de manière qu’il y ait en définitive, déplacement, transformation et non réduction du travail. La réponse se tire des principes généraux dont l’exposé a fait l’objet des chapitres précédents. Le défaut de l’objection consiste à ne pas tenir compte de la
demande de travail que faisaient, pour leurs propres consommations, les ouvriers qui avaient du travail dans l’ancien ordre de choses et qui maintenant n’en ont plus. Le changement opéré va retirer du travail, d’abord et directement à ces ouvriers eux-mêmes, puis secondairement et par contre-coup, aux laboureurs, aux cordonniers, aux tisserands, aux tailleurs, etc., qui travaillaient pour eux ; en même temps qu’il en résultera *un dommage pour les propriétaires et les capitalistes à qui revenait une part du prix des consommations faites par les ouvriers que l’innovation a directement privés d’emploi. De même, par suite du changement opéré, il y aura, outre l’accroissement immédiat de revenu pour les propriétaires et les capitalistes à qui le changement profite directement, un changement indirect et par contre-coup pour les ouvriers qu’emploient en sus les propriétaires et les capitalistes enrichis (soit qu’ils capitalisent, soit qu’ils dépensent le surplus de revenu ), ainsi que pour d’autres catégories de propriétaires et de capitalistes, appelés à prélever une part dans le prix des articles qu’ils consommeront ou feront consommer en plus grande abondance. En thèse générale, il y a lieu d’admettre que ces effets dérivés ou de contre-coup se compensent, et dès lors il ne reste plus en ligne de compte que l’effet primitif et direct, à savoir le transport à certaines catégories de propriétaires et de capitalistes, d’une partie du revenu total précédemment affectée à la rémunération du travail de certaines catégories d’ouvriers.
233. — Le chiffre de la population ouvrière ne saurait suivre, dans ses rapides et fréquentes oscillations, la demande de travail. Des chômages, des disettes, des
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épidémies, des fléaux de toute sorte reviennent irrégulièrement, mais inévitablement, dans le cours de chaque siècle ; et des maux sporadiques, individuels, comme il en survient constamment au sein d’une population agglomérée, se joignent aux maux endémiques pour constituer ce que l’on peut nommer le paupérisme flottant, autre dette flottante de la société, bien suffifante pour donner un aliment à la charité privée, et pour justifier les institutions d’assistance publique là où la religion et les mœurs ont créé de telles institutions. L’art de la charité consiste d’abord à empêcher que les institutions charitables n’augmentent le paupérisme flottant, et il se présente à cela de grande difficultés. Comment empêcher en effet qu’en l’absence d’instincts contraires, tels que ceux que fait naître l’attrait de la propriété, l’insouciance de l’avenir ne l’em porte encore plus sur la prévoyance, quand l’ouvrier sait qu’après tout la société se chargera de pourvoira ses besoins extrêmes, sans même qu’il soit tenu à beaucoup de gratitude pour un tel service?
Les difficultés deviennent plus grandes encore, lorsqu’il s’agit, non plus de troubles passagers, mais de modifications durables dans les rapports entre la demande de travail et la population, entre les prix des objets de consommation et le taux des salaires. Laissera-t-on un excédant de population, que les lois économiques condamnent à une extinction graduelle, s’éteindre effectivement dans les étreintes de la faim, dans la tristesse du dénûment? Et si cela révolte l’humanité, comment empêcher que l’assistance, en se régularisant, en devenant habituelle, ne tende pas à se perpétuer, de manière à remplacer une opération douloureuse par une
infirmité permanente? Alors, outre le paupérisme flottant, il y en aurait un autre (pour lequel surtout le mot de paupérisme' a été créé), et qui imposerait à la'société une de ces charges fixes et en quelque sorte consolidées, que les générations se transmettent, le plus souvent avec un accroissement d’une génération à l’autre, tant qu’une crise révolutionnaire ne vient pas de fond en comble bouleverser la société. Cependant il faut qu’il y ait une limite au paupérisme, puisqu’il yen a une aux ressources dont la société dispose pour l’entretien d’une population parasite, comme il y en a une à ses facultés imposables; et quand cette limite est atteinte, tous les raisonnements théoriques sur les rapports nécessaires entre la demande de travail et le chiffre de la population retrouvent leur application rigoureuse, absolument comme si la charité ou l'assistance publique n’intervenaient pas. Les géomètres diraient que le prohlème n’est modifié que par l’addition d’une constante, ce'qui n’en change point la forme, et n’en augmente ni n’en diminue les difficultés. A cette limite une réduction permanente dans la demande de travail deviendra une cause de destruction, ou pour les classes ouvrières qui n’ont plus d’ouvrage et qui no trouveraient plus de place dans les cadres du paupérisme, ou pour ceux qui y figuraient précédemment et qu’elles parviendraient à supplanter. La guérison d’une telle plaie exige le concours de toutes les forces vives de la société ; elle fait appel aux ressources de la religion, de la morale, de la politique. En général la science éclaire, mais c’est l’art qui guérit, quand la Nature ne se charge pas seule de la guérison.