‹ Principes de la théorie des richessesChapitre 62 sur 76 · DE L’OPTIMISME ÉCONOMIQUE. US · texte numérisé non relu

DE L’OPTIMISME ÉCONOMIQUE. US

de population, ou payer par un déchet de la population plus d’aisance, de loisir, d’élégance et même (dans certains cas au moins) plus de moralité dans la vie commune? Si l’on adressait cette question au politique qui ne se soucie que de la puissance de l’Etat, il opterait bien vite pour la combinaison qui donne au souverain plus de soldats robustes et plus d’argent pour les payer. Une autre solution plairait sans doute mieux au pieux pasteur qui ne tient compte des joies et des souffrances de la vie terrestre que comme d’autant de moyens dont la Providence se sert pour préparer l’homme aux destinées qui l'attendent dans un monde surnaturel. L’amélioration dans les conditions de la vie serait-elle trop pavée par le sacrifice d’un grand nombre de vies? La réponse est le secret de Dieu. L’économiste ne sonde point ces mystères, ne s’élève pointa cette hauteur ; il reste dans les régions terrestres. Il ne subordonne pas l'organisation des sociétés à la vie religieuse, non plus qu’à la vie politique; et il n’envisage au contraire la religion et la politique que dans leurs rapports avec l’accomplissement • des fonctions de la vie sociale. En conséquence, pour qu’il répondît dans un sens ou dans l’autre, il lui faudrait des raisons intrinsèques, tirées des entrailles mêmes' du problème social. Tant qu’il ne les aura pas trouvées, le problème restera pour lui à l’état d’indétermination.

257. — La décision du procès entre la grande et la petite culture rentre dans ce problème. Celle-ci donne plus de produits, nourrit plus de créatures humaines, mais au prix d’un pénible labeur : l’autre donne, comme on dit, un plus grand produit net pour un moindre produit brut ; c’est-à-dire que la somme des

produits, quoique absolument moindre, est plus grande en comparaison du travail qu’elle a coûté, d’où une épargne de fatigues, un surcroît d'aisance dont profiteront à des degrés divers ceux qui composent la population qui subsiste après le changement de culture. Lequel vaut le mieux? Voilà une question sur laquelle la logique, le calcul n’ont aucune prise. Elle pourra être traitée et jusqu’à un certain point résolue au sens politique, religieux, moral, philosophique : elle ne pourrait même pas être nettement posée et définie, au sens scientifique et économique. Il serait déraisonnable de prétendre que la plus légère diminution de produit net compense et au delà, pour le corps de la société, l’avantage résultant d'une grande augmentation de produit brut. Il serait encore plus déraisonnable de soutenir que l’avantage de la société se trouve toujours à forcer le produit brut, sans souci de la dépense de travail par laquelle il est acheté. Inter utrumque tene : la difficulté est de trouver dans une règle économique précise la juste détermination de ce milieu si souhaitable.

238. — Il ne suffit pas de considérer la population, les produits et le rapport d’un chiffre à l’autre, ou la part moyenne de produits : il faut .tenir grand compte de l’échelle de répartition des produits, si l’ob veut apprécier les conditions de l’humanité, même au poinl de vue économique. En tout genre, les moyennes sont d’une désolante faiblesse. La taille moyenne, telle que la donnent des mesures effectives dans les opérations du recrutement militaire, reste bien au-dessous de celle de l’homme que l’on appellerait, dans le style delà conversation, un homme de moyenne taille, c’est-à-dire dont la taille diffère à peu près autant de celles qui

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