‹ Principes de la théorie des richessesChapitre 65 sur 76 · HE L’OPTIMISME ÉCONOMIQUE. 4Ï · texte numérisé non relu

HE L’OPTIMISME ÉCONOMIQUE. 4Ï

nuire aux propriétaires de bois; ce qui provoque l’extension des houblonnières ou l’établissement des distilleries de grains pourra faire arracher des vignes. Entre la houille et le bois, il y a un élément de comparaison numérique donné par la nature, à savoir le rapport des quantités de chaleur dégagées par la combustion de l'unité pondérale ; et, quoique l’on ne tienne compte ainsi, ni des avantages et des inconvénients attachés à l’emploi de l’un et de l’autre combustible dans lesusages domestiques, ni même de beaucoup de qualités et de défauts qui leur sont propres .pour les usages industriels, on comprend qu’il ne faudrait que de légères corrections pour convertir le nombre qui mesure exactement l’équivalence physique, dans celui qui serait propre à mesurer (avec une approximation suffisante) 1 équivalence économique. On conçoit de même que 1 on compare les huiles de diverses origines, tant par leur rendement dans les fabrications industrielles (telles que celle des savons) que par leurs vertus nutritives, en tenant peu de compte de la délicatesse du gourmet qui discerne combien l’on a mis d’huile de sésame dans une huile d’Aix de première qualité : mais, si 1 on s avisait d’assigner aux diverses boissons alcooliques, d après la proportion d’alcool qu elles renferment, leurs équhalents économiques, il est clair que le résultat de la comparaison serait par trop défavorable à la bouteille de Chamberlin, et par trop favorable au litre d’eaude-vie de pommes de terre. Il n’y a plus d autre élément decomparaison numérique que la valeur vénale : ce qui suffit bien pour les opérations du commissaire-priseur et pour toutes les spéculations du propriétaire et du négociant, mais ce qui ne suffit pas pour toutes les

spéculations de l’économiste et notamment pour la théorie de l’optimisme économique.

241. — On aurait grand tort d’inférer de toutes les remarques qui précèdent, qu’il n’y a dans l'ordre économique ni bien ni mal, ni amélioration, ni progrès, ni du moins aucun moyen de constater scientifiquement l’améliora tionet leprogrès. En mathématiques, l’absence d’un maximum ou d’un minimum absolu n’empêche pas l’existence d’un maximun ou d’un minimum relatif, obtenu en regardant comme fixes et invariables, dans un cas particulier, quelques-unes des grandeurs dont la variation possible s’opposerait à l’existence du maximum ou du minimum absolu. De même, dans l’ordre économique, l’absence de définition du bien absolu n’exclut pas la définition du bien relatif. Le défaut d’un terme de comparaison, d’une commune unité de mesure entre des choses hétérogènes, ne nous empêche pas de comparer et de mesurer les choses homogènes, d’y constater un accroissement ou un décroissement. S’il s’opère dans telle partie du système économique un changement qui ne soit pas de nature à avoir son retentissement dans le reste du système, et que ce changeinént porte sur des choses comparables, on pourra constater un progrès, une amélioration, et l’on sortira de l’indétermination, sauf à y retomber lorsque, par une continuation du même mouvement, les choses en seront venues au point que les changements locaux retentiront dans tout le système et feront varier en sens contraire des choses hétérogènes.

242. — Les perfectionnements apportés à la machine à vapeur qui ramène la houille du fond d’un puits d’extraction à la surface du sol (36), en économisant une

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