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Ainsi donc, par tous les côtés, les nations

plus mêlées les unes aux autres, ayant moins vivement conscience de leur individualité et ayant une conscience plus nette de leur vie commune, seront moins portées à s’imposer des gènes dans leurs communications mutuelles ou à supporter les gènes que voudraient leur imposer les pouvoirs qui les dirigent. A quoi il faut ajouter que la rapidité même des évolutions sociales et économiques, dans le temps où nous vivons, fait disparaître le principal argument à l’appui de tout système réglementaire ou protecteur, l’argument tiré de ce que l’on pourrait appeler l’éducation industrielle. A quoi bon se donner tant de peines, pendant un demisiècle peut-être, pour acclimater une industrie, lorsqu’au bout de dix ans quelque découverte imprévue doit venir faire une révolution dans les conditions de cette industrie ou de l’industrie en général ? Une nation dépense quelques centaines de millions pour creuser des canaux, pour améliorer le régime de ses rivières navigables : et à peine ces grands travaux sont-ils finis, qu’il .faut construire des chemins de fer qui mettent en chômage la navigation des canaux et des rivières. En présence de tels faits où la puissance des causes supérieures et ignorées, où la faiblesse et l’incertitude de nos délibérations et de nos projets se montrent avec tant d’évidence, il y a des leçons de modestie et de réserve pour tout le monde, pour tous les autours de théories et de règlements. On sent qu’il ne s’agit pas de contraindre les nations à entrer dans telles ou telles voies, mais de les aider à entrer dans la voie que la marche des événements leur indique.

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