‹ Principes de la théorie des richessesChapitre 9 sur 76 · DU MECANISME ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

DU MECANISME ÉCONOMIQUE

et de leurs familles. Il faut encore que les maîtres de l’établissement retrouvent dans la valeur des articles fabriqués de quoi entretenir leurs bâtiments, leur attirail de machines et d’outils ; et qu’ils en réservent une part pour ceux qui leur ont fourni sur leurs économies, et qui ne leur auraient pas fourni gratuitement les fonds engagés dans les constructions, dans l’attirail mobilier, dans les approvisionnements de matières premières et l’assortiment d’articles fabriqués misa la disposition du commerce, dans les avances faites aux ouvriers pour leurs salaires, et dans les crédits ouverts aux négociants qui se chargent de l’écoulement des articles fabriqués. Le surplus de valeur, s’il y en a (et il doit habituellement y en avoir, sans quoi personne ne se ferait entrepreneur d’industrie), représentera les profits du maître de l’établissement. Au lieud’une industrie organisée en grand, comme celle d’une manufacture, on peut se représenter celle d’un fermier, d’un artisan : les distinctions moins nettes exigerontplus dedéliealesscdans les procédés d'analyse, mais les résultats de l’analyse seront les mêmes au fond, et nous verrons également la valeur passer d’une substance détruite, consommée ou détériorée, à une autre substance produite, le plus souvent avec une addition de valeur qui représente les salaires des travailleurs, les gains des metteurs en œuvre, les salaires, les gains et la récompense des épargnes de ceux qui ont précédemment construit, amassé, préparé tous les instruments du travail actuel.

51. — Toutes les consommations qui aboutissent à une régénération de valeur, sont dites des consommations productives, les autres sont ordinairement qualifiées d'improductives ; mais, parmi celles-ci, l’économiste

doit soigneusement distinguer les consommations purement voluptuaires, comme celle de la force vive dépensée pour produire des jets d’eau et des cascades, d’avec celles qui contribuent (d’une manière directe ou indi recle)àla protection des intérêts privés, au bien-être de la population, au bon ordre dans la société, à la défense publique, et en général à l’entretien, au développement, à l’excitation de toutes les forces productrices, considérées dans les individus et dans l’ensemble du corps social.

Il faut que les richesses produites se consomment, sans quoi la production économique n’aurait pas de but et toute fonction économique cesserait, comme il faut que l’être vivant consomme des aliments, absorbe de l’oxygène, brûle du charbon pour vivre ; mais le physiologiste, le médecin conçoivent très-bien un régime d’hvgiène dans lequel toutes les satisfactions données aux appétits de l'animal tendraient à l'entretenir en santé, à développer ses forces, «à prolonger son existence, à le rendre capable de propager son espèce. On connaît des morales religieuses qui, dans leur sévérité, proposent à l’homme un idéal suivant lequel toutes les satisfactions des sens, et même toutes les satisfactions du cœur et do l’esprit, ne seraient permises que dans la stricte mesure de l'accomplissement d’unefin marquée parune volonté supérieure. De même on conçoit un idéal d’hygiène ou de inorale économique d’après lequel toute consommation voluptuaire serait interdite, à d’autres litres qu’à celui de délassement pour la réparation des forces productrices, ou de stimulant pourun déploiement ultérieur de force, auquel cas il ne serait plus exact de la qualifier de consommation improductive. Nous ne prêchons pas

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