‹ Principes de littérature [microforme]Chapitre 133 sur 225 · UNE JEUNE FILLE A SA MÈRE.—C, JURANVILLE · texte numérisé non relu

UNE JEUNE FILLE A SA MÈRE.—C, JURANVILLE

Ma chère petite maman,

Hier soir, dans mon lit, comme tous les autres soirs, avant de n’endormir je pensais à vous, à mon papa, à Ernest et à ma petite sœur, je fermais les yeux, et je vous voyais tous par la pensée. Vous ne sauriez croire combien j’aime ce moment. Lorsque je m'ennuie dans

la journée , je me dis en moi-même pour me consoler: ICE soir, ji irai chez nous, je jouerai avec mon frère et ma sœur, j'irai tout doucement derrière la chaise de maman, et quand elle ne me croira pas là, je l’embrasserai en lui faisant peur comme je le faisais autrefois : puis, j'irai courir dans le jardin, j'arroserai mes fleurs, je ferai enrager Azor, je porterai à manger à mes pourlets, à mes canards, à mes lapins...” Et c’est dans ces pensées que je m’endors, et je suis heureuse, Avant-hier soir, chère maman, lorsque j'étais invisible au milieu de vous, voilà que, tout à coup, je me rappelle que nous sommes au 18 juillet, et que le 22, c’est votre fête, la Sainte-Marguerite. Ce souvenir me fit éprouver une grande peine, parce que je me disais que c'était la première fois qu’à cette époque, j'étais séparée de vous. Que ne donnerais-je pas pour pouvoir aller, comme les autres années, cueillir les plus belles fleurs de mon jardin, en composer un joli bouquet, vous porter un

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