CHAPITRE DEUXIÈME
Qualités du Style.
Combien y a-t-il de genres de style ?
Les arciens rhéteurs distinguaient trois sortes ou trois genres principaux de sujets de composition : les sujets simples, ordinaires, qui doivent être présentés tout simplement, tout uniment ; les sujets plus relevés qui demandent les ornements du style, fa beauté des images et des figures ainsi que l'harmonie du nombre ; enfin les sujets nobles, grands, qui, pour être bien rendus, exizent toute la force et toute la magnificence de la parole. Par suite, ils distinguaient aussi trois genres de style : le sty:e simp'e, le style tempéré et le style sublime. Quoique cette distinction ne soit pas absolument rigoureuse, ell£ a été conservée parce qu’elle offre plusieurs avantages.
Combien y a-t-il de sor:es de qualités du style?
Il y a deux sortes de qualités du style: r” des qualités générales qui sont essentielles à tous les genres de style et qui doivent se trouver dans toutes les compositons quel qu’en soit l'objet; 2° des qualités particulières qui tiennent à la nature même des pensées et des sentiments qu’on exprime et qui ne conviennent pas à tous les genres de style ou à toutes les compositions.
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ARTICLE PREMIER
Quelles sont les qualités générales du style ? Les qualités générales du style sont: la clarté, la précision, le naturel, la dignité et la variété. ; S 1. CLARTÉ DU STYLE, * En quoi consiste la clarté du style ?
La clarté du style consiste à faire voir la pensée dans
tout son jour pour qu'elle soit saisie sur-le-champ et
sans effort. C’est la première qualité dont on doit se préoccuper. Il faut que la clarté soit telle, dit Quinti- cc q
lien, que la plus faible attention suffise pour compren- les dre et que la pensée frappe l'esprit comme le soleil MMtére frappe les yeux. 0 Ciffé
Quelles sont les conditions nécessaires pour écrire avec PAU (
clarté ? pres Trois conditions sont nécessaires pour écrire avec 1 clarté. Il faut: 1° que les pensées soient claires, que les ( l’on comprenne parfaitement ce que l’on veut dire; 2° PImp qu’elles soient présentées dans un ordre convenable ; Qu 3° qu’elles soient exprimées avec le mot propre. D'où vient l’obscurité du style ” Le 4 | + Eu Fe proli L'obscurité du style vicnt le plus souvent du vague La et de l’indécision de la pensée, ou de la longueur et ou de la construction vicieuse des phrases, de l'emploi de ne. mots impropres et de mots qui présentent un double ne sens, ou du désir de paraître fin, délicat, mystérieux, profond. 0 (Voyez à l’Appendice, n° 1, plusieurs phrases obscures, etc., eur page 103.) égna
QUATITÉS DU STYLE. 31
Que faut-il faire pour constater si le style a la clarté requise ?
Pour constater si le style a la clarté requise, il faut examiner, à tête reposée et séparément, les pensées clarté, la Met les expressions. C'est le seul moyen de s'assurer si les pensées sont justes et bien exprimées.
2, PRÉCISION DU STYIE,
nsée dans | | champ et En quoi consiste la précision du style ? n doit se M it Quinticompren-
La précision du style consiste à dire exactement tout ce qu'il faut et à ne rien dire de plus. Elle admet tous “les développements qui ajoutent à la pensée ou à linle soleil Mtcrèt, ainsi que les ornements qui conviennent aux M différents genres de style ; mais elle retranche tout ce crire avee "Gui est superflu soit dans les pensées, soit dans les expressions.
nn gagne beaucoup, dit Fénelon, en perdant tous les ornements superflus, pour se borner aux beautés
rire avec aires, que it dire; 2° à avenable ; n e. ‘4
simples, faciles, claires et négligées en apparence.
Quel est le défaut contraire à la précision ?
Le défaut contraire à la précision est la diffusion ou prolxité, qui consiste dans une surabondance d'idées
du vague igueur et mploi de n double
u de mots inutiles. Les détails qui r'ajoutent rien éd'essentiel à l'intelligence du sujet, ont toujours pour effet de fatiguer l'esprit et de ralentir la marche des dées. M. Ferland dit de Christophe Colomb :
Pstérieux,
Après huit ans d’attente, d’études et de déboires, il eut le bon-
ures, etc., drégnaient sur les royaumes de Castille et d'Aragon.
om te ei
TO nm pm re
Cette phrase est précise, mais elle perdrait cette qualité, si l’on y ajoutait certaines expressions, certains W détails, comme les suivants :
Après huit ans d’attente, d’études et de déboires gui le firent À
beaucoup souffrir, il eut la joie et le bonheur de voir sa demantie fs
prise en considération et acceptée par Ferdinand et Isabelle qui à régnaient fous les deux en ce temfs-là sur les royaumes de Castille # et d'Aragon,