VOLTAIRE A M. LE CARDINAL DE BERNIS
Au château de Ferney, le 23 février 17
J'ai marié mademoiselle Corneille à un jeune gentilhhomme dont les terres touchent les miennes ; il se nomme Dupuits, il est officier de dragons, estimé et aimé dans son corps, très attaché au service.
Je regarde comme un devoir de vous donser part de ce mariage, comme à un des protecteurs du nom de Corneille, et au meilleur connaisseur de ses beautés et de ses fatras. Je cherchais un descendant de Racine pour ressusciter le théâtre; mais, n’en ayant point trouvé, j'ai pris un officier de dragons. J'écris à l’Académie française, à laquelle je dédie l'édition qui fera une partie de la dot, et je demande que ceux qui assisteront à la séance, à la réception de ma lettre, me permettent de signer pour eux au contrat.
Je commence par demander la même grâce à Votre Eminence. L'ombre de Pierre vous en sera très obligée, et moi, autre ombre, je regarderai cette permission comme une très grande faveur. Nous n’avons point clos le contrat, et nous vous laissons, comme de raison, la première place parmi les signatures, si vous daignez l'accepter. Agréez, Monseigneur, les tendres respects du vieil aveugle de 70 ans.
Louis VEUILLOT A M. LE SUPÉRIEUR DES FRÈRES DE LA DOCTRINE CHRÉTIENNE.
10 décembre 1872.
Mon très honoré Frère,
Je vous supplie de donner un bon Frère à M. Landeau, mon ami et le vôtre, pour la ville de Sablé, où l'on ne demande qu’à bien faire. C’est un pays excellent, mais qu’il importe de préserver de la chute. Mieux vaut soutenir les murs des forteresses que d'établir
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