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LETTRES DE REFUS

dit non, tout à l’heure, à une satire corrigée deux fois sur des indications dont l’auteur n'a pas voulu comprendre le but assez déguisé. Que vous dirais-je ? Je suis en horreur au genre humain, et il n’y aura bientôt plus que ma fille qui consente à me sourire.

Tout à vous néanmoins, car, si je me mettais à détester tous ceux qui me trouvent détestable, je n’en finirais plus.

Louis VEUILLOT.

LOUIS VEUILLOT A M, E. GUGNIARD,

2 août 1850.

Monsieur,

Je suis bien touché de la demande que vous me faites, et bien désolé de ne pouvoir y répondre selon vos désirs. Je voudrais d'autant plus vous donner un bon rédacteur, que je connais les immenses besoins religieux de votre pays, et que ce pays est un peu le mien,

Je serais donc très heureux, sous tous les rapports, de nouvoir vous aider à fonder dans votre département un journal vraiment catholique. Mais je ne puis par moi-même vous offrir aucun concours, étant déjà accablé d’occupations et de travaux, et d’un autre côté je ne vois, autour de moi, personne à vous proposer. Les écrivains religieux sont malheureusement fort rares et je regarde comme un vrai miracle que la rédaction de l'Univers ait pu se compléter. Cependant il ne faut pas désespérer, et je chercherai. J'aurais besoin de savoir quels appointements vous pourriez donner. En général, il faut au moins deux cents francs par mois.

Ayez la bonté, Monsieur, de me dire où vous en êtes, et ce que vous pourrez faire, et comptez que j'aurai, pour vous seconder, un empressement tout fraternel.

Votre très humble serviteur et frère en Jésus-Christ,

Louis V EUILLOT.

om om

Louis VEUILLOT A M. L'ABBÉ DUFOUR.

Paris, 30 août 1856.

Monsieur le Curé,

Je vous remercie bien sincèrement du secours que vous m'offrez. Il est précieux pour moi et ajoute à mon courage. Mais je vous demande la permission de n’en pas profiter publiquement. On ne manquerait pas de dire que je provoque une manifestation en faveur de l'Univers, et ce serait, pour beaucoup de personnes importantes, un motif déterminant de se prononcer contre nous. D'un autre côté, 1l est bon pour nous-mêmes de rester dans une salutaire humilité. Nous ne sommes rien, et nous le savons. Si nous venions à nous croire quelque chose, tout serait perdu. Le sentiment personnel et bientôt l’orgueil se mêleraient à nos travaux. Nous travaillerions pour nous-mêmes, et non plus pour Dieu. Et, au lieu de faire du bien, nous ferions du mal.

J'ai l'honneur d’être avec les sentiments les plus respectueux et les plus reconnaissants,

Monsieur le Curé, Votre très humble et très obéissant serviteur,

Louis VEUILLOT.

N° 28 (page 99).

Lettres d’excuse.

MME DE SÉVIGNÉ A SON COUSIN, M. DE Bussy.

Je m'empresse de vous écrire afin d'effacer promptement de votre esprit le chagrin que ma dernière lettre y a mis. Je ne l’eus pas plutôt écrite que je m'en repentis.... Il est vrai que j'étais de méchante humeur, je n’eus pas la docilité de démonter mon esprit pour vous écrire ; je trempai ma plume dans mon fielet cela composa une sotte lettre amère dont je vous fais mille ex-

ours que te à mon \ de n’en t pas de aveur de )nnes imer contre \êmes de sommes US croire t persontravaux.

plus pour s du mal.

plus res-

JILLOT.

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prompteère lettre en repenimeur, je jour vous ela commille ex-

LETTRES D'EXCUSE. 213 cuses, Si vous fussiez entré une heure après dans ma chambre, nous nous fussions moqués de moi ensemble.

Adieu, comte, point de rancune, ne nous tracassons plus. J'ai un peu de tort, mais qui n’en a pas en ce monde ?

J. J. ROUSSEAU A M. LE COMTE DE LaASTIC,

Sans avoir l'honneur, Monsieur, d’être connu de vous, j'espère qu'ayant à vous offrir des excuses et de l’argent, ma lettre ne saurait être mal reçue.

J'apprends que mademoiselle de Cléry a envoyé de Blois un panier à une bonne vieille femme, nommée madame Le Vasseur, et si pauvre qu’elle demeure chez moi ; que ce panier contenait, entre autres choses, un pot de vingt livres de beurre ; que le tout est parvenu, je ne sais comment, dans votre cuisine ; ; que la bonne vieille, l'ayant appris, a eu la simplicité de vous envoyer sa fille avec la lettre d'avis, vous redemander son beurre, ou le prix qu’il a coûté ; et qu'après vous être moqué d'elle, selon l'usage, vous et Madame votre épouse, vous avez, pour toute réponse, ordonné à vos gens de la chasser. J'ai tâché de consoler la bonne femme affigée, en lui expliquant les règles du grand monde et de la grande éducation ; je lui ai prouvé que ce ne serait pas la peine d’avoir des gens, s'ils ne servaient à chasser le pauvre, quand il vient réclamer son bien ; et, en Jui montrant combien justice et humanité sont des mots roturiers, je lui ai fait comprendre à la fin, qu’elle est trop honorée q'un comte ait mangé son beurre. Elle me charge donc, Monsieur, de vous témoigner sa reconnaissance de l’honneur que vous lui avez fait, son regret de l'importunité qu’elle vous a causée, et le désir qu’elle aurait que son beurre vous eût paru bon.

Que si, par hasard, il vous en a coûté quelque chose pour le port du panier à elle adressé, elle offre de vous le rembourser, comme :l est juste. Je n’attends là-

dessus que vos ordres pour exécuter ses intentions, et vous supplie d'a : ‘er les sentiments avec lesquels j'ai l'honneur d’être.

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