‹ Principes de littérature [microforme]Chapitre 169 sur 225 · J. J. ROUSSEAU A UN AMI · texte numérisé non relu

J. J. ROUSSEAU A UN AMI

Monsieur,

Daignerez-vous bien encore me recevoir en grâce après une aussi indigne négligence que la mienne? F’en sens toute la turpitude, et je vous en demande pardon de tout mon cœur. A le bien prendre, cependant, quand je vous offense par mes retards déplacés, je vous trouve encore le plus heureux des deux. Vous exercez à mon égard la plus douce de toutes les vertus de l'amitié, lindulgence, et vous goûtez le plaisir de remplir les devoirs d’un parfait ami, tandis que je n’ai que de la honte et des reproches à me faire sur l’irrégularité de mes procédés envers vous. Vous devez du moins comprendre par là que je ne cherche point de détour pour me disculper. J'aime mieux devoir uniquement mon pardon à votre bonté que de chercher à m’excuser par de mauvais subterfuges. Ordonnez ce que le cœur vous dictera, du coupable et du châtiment ; vous serez obéi. Je n'excepte qu’un seul genre de peine, qu’il me serait impossible de supporter: c’est le refroidissement de votre amitié. Conservez-la-moi tout entière, je vous en prie ; et souvenez-vous que je serai toujours votre tendre ami, quand même je me rendrais indigne que vous fussiez le mien.

LACORDAIRE À MME SWETCHINE

Flavigny, 24 mars 1852.

Il faut que je vous demande pardon d’un grand crime, chère amie : j'ai traversé Paris sans vous voir et sans voir personne. J'ai été bien tenté, mais j'ai résisté à la tentation qui m’eût entraîné à voir d’autres personnes

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