‹ Principes de littérature [microforme]Chapitre 171 sur 225 · UN ENFANT A SA GRAND'MÈRE · texte numérisé non relu

UN ENFANT A SA GRAND'MÈRE

Chère grand'maman,

J'ai eu le malheur de vous offenser hier en parlant légèrement et en me moquant des personnes âgées. Je me suis aperçue par l'air sévère de maman, et plus encore par la douleur qui s’est peinte sur votre front, que j'avais dit quelque parole imprudente ; mais je ne savais pas encore de quoi j'étais coupable, et ce n’est qu’à la maison que j'ai connu, par la réprimande sévère de papa, combien j'avais manqué aux bienséances et au respect que je dois à la vieillesse, Maman a ajouté que, si elle ne m'avait rien dit pour le moment, c'était pour ne pas me faire rougir de honte devant toute la compagnie.

Ah! bonne grand'maman, je n'ai réellement pas connu la portée de ce que j'ai dit. Mais vous ne croyez pas coupable à votre égard, celle que vous nommez votre chère petite Eulalie, n'est-il pas vrai? J'ai été étourdie, je le reconnais; mais, si ma bouche a mal parlé, mon cœur est resté bon, aimant, respectueux, comme 1l l’a toujours été pour vous. Vous me pardonnerez bien, n'est-ce pas, chère ;,rand'maman ?

Quand vous me regardiez avec attendrissement au milieu de mon sot discours, j'ai vu une larme rouler dans vos yeux. Cette larme est tombée sur mon cœur, et si vous saviez comme elle me fait mal en ce moment.

Je vais rester inquiète et tourmentée jusqu’à ce que j'aie reçu mon pardon.

Il me tarde de vous revoir pour vous témoigner de vive voix mes regrets et pour vous prouver que je suis. toujours, avec le plus profond respect,

Votre plus affectionnée et obéissante petite-fille.

N° 29 (page 99).

Lettres de reproche.

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