RACINE A SON FILS
Il ne convient point à votre âge, ni même à personne, de lui donner ce vilain nom de poltron ; souvenez-vous toute votre vie de ce passage de Quintilien, qui était lui-même un grand personnage : ‘ C’est avoir fait de solides progrès que de trouver du plaisir à lire Cicéron.” Ainsi vous auriez mieux fait de dire simplement qu’il n'était pas aussi brave et aussi intrépide que Caton. Je vous dirai même que, si vous aviez bien lu la vie de Cicéron dans 2/utarque, vous auriez vu qu'il mourut en fort brave homme, et qu’apparemment il n'aurait pas fait tant de lamentations que vous, si M. Carmeline lui eût nettoyé les dents. Adieu, mon cher fils, faites souven.7 votre mère qu’il faut entretenir un peu d’eau dans mon cabinet, de peur que les souris ne ravagent mes livres. Quand vous m'écrirez, vous pourrez vous dispenser de toutes ces cérémonies et de votre très humble serviteur. Je connais même assez votre écriture sans que vous soyez obligé de mettre votre nom.