VOLTAIRE A UN AMI
Oui, je vous injurierai jusqu’à ce que je vous aie guéri de votre paresse. Je ne vous reproche point de souper tous les soirs avec M. de La Popelinière, je vous reproche de borner là toutes vos pensées et toutes vos espérances. Vous vivez comme si l’homme avait été créé uniquement pour souper, et vous n’avez d'existence que depuis dix heures du soir jusqu’à l'heure des spectacles à dissiper les fumées du souper de la veille ; ainsi vous n'avez pas un moment pour penser à vous et à vos amis. Cela fait qu'une lettre à écrire devient un fardeau pour vous ; vous êtes un mois entier à répondre.
Ft vous avez er.core la bonté de vous faire illusion at point d'imaginer que vous serez capable d’un emploi et de faire queique fortune, vous qui n'êtes pas capable seulement de vous faire dans votre cabinet une occupation suivie, et qui n'avez jamais pu prendre sur vous d'écrire régulièrement à vos amis, même dans les affaires intéressantes pour vous et pour eux. Vous avez passé votre jeunesse ; vous deviendrez bientot vieux et infirme ; voilà à quoi il faut que vous songiez. Il faut vous préparer une arrière-saison tranquille, heureuse, indépendante. Que deviendrez-vous quand vous serez malade et abondonné ? Sera-ce une consolation
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Vous bientôt songiez.
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