‹ Principes de littérature [microforme]Chapitre 182 sur 225 · FÉNELON A SON NEVEU · texte numérisé non relu

FÉNELON A SON NEVEU

Bonjour, Fanfan ; je souhaite qu’en t’éloignant de Cambrai, tu ne te sois pas éloigné de notre commun centre, et que notre absence n'ait point diminué en toi la présence de Dieu. L'enfant ne peut pas téter toujours, ni même être tenu sans cesse par les lisières ; on le sèvre, on l’accoutume à marcher seul. Tu ne m'auras pas toujours, il faut que Dieu te fasse cent fois plus d'impression que moi, vile et indigne créature.

Fais ton devoir parmi les officiers avec exactitude,

sans minutie, patiemment et sans dureté. On déshonore la justice quand on n’y joint pas la douceur, les égards et la condescendance : c’est faire mal le bien. Je veux que tu te fasses aimer ; mais Dieu seul peut te rendre aimable, car tu ne l'es point par ton naturel roide et âpre. Il faut que la main de Dieu te manie pour te rendre souple et pliant ; 1l faut qu’il te rende docile,

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