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LA LAITIÈRE ET LE POT AU LAIT

Perrette, sur sa tête ayant un pot au lait, . Bien posé sur un coussinet, s d’une Prétendait arriver sans encombre à la ville. Légère et court vêtue, elle allait à grands pas, re con- Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile, évoue- Cotillon simple et souliers plais.

: Notre laitière ainsi troussés € mere Comptait déja dans sa pensée OPTE à Tout le prix de son lait ; en employait l’argent, À inté- Achetait un cent d'œufs, faisait triple couvée : La chose allait à bien par son soin diligent. Il m'est, disait-elle, facile D'élever des poulets autour de ma maison :

Le renard sera bien habile S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon. Il était, quand je l’eus, de grosseur raisonnable ! J'aurai, le revendant, de l’argent bel et bon. Et qui m'empêch:ra de mettre en notre étable, Vu le prix dont il est, une vache et son veau, Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?

Perrette là-dessus saute aussi, transportée : Le lait tombe ; adieu veau, vach:, cochon, couvée, La dame de ces biens, quittant d’un œïl marri Sa fortune ainsi répandue, Va s’excuser à son mari, En grand danger d’être battue, Le récit en farce en fut fait :

On l’appela le Pot au lait. (La FONTAINE.)

N° 10 (page 77).

Narration historique.

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