‹ Principes de morale sociale [microform]Chapitre 7 sur 20 · SI · texte numérisé non relu

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se réclamant du libre examen, gardaient le Christ; les sophistes du xviii^ siècle et les matérialistes du xix* siècle ont rejeté toute idée du divin, toute autorité.

La seule philosophie pratique est celle qui, fondée sur la raison et usant de tous les procédés de la libre recherche étudie le monde physique et les lois physiologiques et sociales, sans se borner à cette étude et en reconnaissant que la vérité réside en nous-mêmes, dans les principes intellectuels et dans la vie spirituelle de l'âme. « Le royaume de Dieu est en vous-mêmes », nous apprend le Christ.

Les bases de la morale sont : i° la distinction du bien moral et du mal moral; 2*^ la Hberté de l'âme humaine et la responsabilité, conséquence de la liberté.

La liberté suppose donc deux éléments : l'intelligence qui connaît, la volonté qui choisit. Chacun de ces deux éléments est susceptible d'être vicié : le premier, par l'ignorance; le second, par l'intérêt ou la passion. De là découle la nécessité de diriger la liberté dans la pratique et l'usage, sous peine de la diminuer dans son principe même ; c'està-dire que la liberté n'est complète que si elle dispose de l'intégrité de ses éléments au moment de la détermination.

Et c'est parce que nous ne disposons jamais de l'intégrité de notre intelligence et de notre volonté, c'est parce que nous ne jouissons ni de la claire notion de la justice, ni du parfait équilibre de notre volonté, que nous ne pouvons prétendre à la liberté absolue, mais seulement à une liberté dirigée et restreinte.

Bon nombre d'hommes, désireux d'échapper à la responsabilité de leurs actes, s'empressent de nier la liberté. Ils sont, disent-ils, liés par les conditions de leur nature physique. Nous avons déjà vu ce genre d'argumentation, proclamant la servitude de l'âme dominée par l'instinct animal, et la servitude de l'intelligence bornée au monde

phvsique.

aue le libre arbitre existe, c'est-à-dire que nous soyions libres d'agir ou de ne pas agir, d'agir dans un sens ou dans un autre, la chose n'est pas douteuse, étant affirmée par le sens intime. Nous sentons notre liberté, comme nous sentons notre volonté, notre mémoire, notre intelligence, comme nous sentons notre vie; si le sens de notre liberté est une illusion, c'est aussi une illusion de croire à tout le reste, rien n'existe. Il ne faudrait plus dire : je pense, donc je suis; l'on pourrait dire : je pense, donc je ne suis pas. Ces théories ne méritent pas la discussion.

Il y a des limites et des atténuations au libre arbitre et à la responsabilité. Nous sommes très effectivement déterminés dans une certaine mesure par des forces diverses : nature, santé, besoins, habitudes, éducation, milieu ambiant... Et ceux-là sont d'autant plus facilement déterminés, et par conséquent d'autant moins libres, qui appartiennent aux rangs inférieurs de l'humanité.

La loi de progression continue que l'on remarque dans l'échelle des êtres s'observe également dans le monde moral, et notamment dans la progression des actes nécessités, puis déterminés, et, enfin, réfléchis et voulus. Je m'exphque.

Les êtres ont été classés en trois grandes branches : le

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minéral, le végétal et Fanimal ; les limites de ces trois règnes sont indécises et il y a des zones communes assez étendues.

Le minéral est inerte, il a lêtre mais il n'a pas la vie, des transformations s'opèrent dans sa constitution intime, inconscientes et dues à un dynamisme dont nous ignorons les lois; en tous cas, le minéral est purement passif.

Moins pas.sive est la plante, car, en elle commence à se manifester l'activité par la nutrition et la croissance, et par les phénomènes, si intéressants dans leur variété, de la fécondation et de la reproduction.

L'animal est doué et d'activité et de sensibilité; il agit, mais if est complètement déterminé ; les animaux supérieurs commencent à montrer des marques de volonté spontanée, ils manifestent des désirs, un choix, des habitudes presque réfléchies. Dans les rangs inférieurs de l'humanité, l'animalité tient encore trop de place pour que la raison y trouve la sienne, mais l'éducation est relativement facile, et, avec elle, le développement de la raison. Enfin, dans les natures supérieures, la raison domine et préside aux actes ; ils ne sont plus livrés uniquement au hasard et aux suggestions de l'instinct et des passions ; l'intelligence les accompagne, qu'ils soient bons ou mauvais, l'intelligence les conçoit comme bons ou mauvais et choisit.

L'enfant n'est pas complètement libre, il est souvent déterminé; rhomme fait, s'il est cultivé, se détermine bien plus qu'il n'est déterminé. Il n'était pas libre, il l'est devenu.

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