‹ Principes de pathologie généraleChapitre 102 sur 180 · SR · texte numérisé non relu

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réel, et la cause pliysic|ue sc Irouve être, par suile, la cause ellicicntc.

En effet, les exigences cliniques, les habitudes diagnostiques, les considérations thérapeutiques, tout concourt, en chirurgie, à faire regarder l’occasion morbide siégeant au sein de nos tissus et convertie en lésion, comme la maladie clleinème, cl la cause de ces lésions comme la cause des maladies. Tout est déplacé, tout baisse d’un degré, et la pathologie externe se relie directement à l’ordre physique. L’important sc trouve de déterminer avec précision la lésion, le niveau auquel sc trouve la fracture, la direction des fragments, s’il n’exisle aucune complication, comment a agi la violence extérieure, la thérapeutique, à son tour, n’envisage que la physique et la mécanique de la lésion ; maintenir les fragments affrontés, réduire la luxation ; débrider l’étranglement, est l’action vraiment chirurgicale. L’impression vitale et la réaction, la maladie proprement dite, n'entrent pas en ligne. Ce n’est pas qu’elles manquent et n’accomplissent leur œuvre; la consolidation de la fracture est là pour témoigner de l'admirable travail que la vie impressionnée par la lésion de l’os sait effectuer d’elleinème. Mais cette impression et celte réaction sont saines, si je puis m’exprimer ainsi ; à peine peut-on dire qu’elles sont anomales, car il semble que la vie n’y emploie que scs force> normales ; elle poursuit dans le silence son œuvre médicatrice, sans trouble des fonctions générales, sans éveiller l'observateur ni le malade. Si par suite de circonstances sorties de la spontanéité vivante, le travail de réunion est troublé, si après le débridement d’une hernie se manifestent des accidents inflammatoires ou autres, alors une maladie réelle semble s’ajouter à l’affection chirurgicale, et tout rentre aussitôt dans l’ordre médical.

La chirurgie pure ne s’occupe donc que de l’accident cl de ses conditions physiques. La plus simple, la plus large cl la plus vraie division des maladies dites chirurgicales serait

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peut-être celle i|ui les diviserait en accuUitls et en multirlies. Les premiers obéiraient à l’étiologie que nous venons de caractériser et formeraient une classe dont le génie propre se séparerait profondément de celui des maladies spontanées ou internes. Les secondes seraient comme une branche de la médecine que des lésions extérieures et persistantes auraient irrégulièrement dévolue à la chirurgie; toutes les questions étiologiques, diagnostiques et pratiques qui s’y rapportent ressortiraient à la médecine. Entre les deux il faudrait placer, et rapporter surtout à la chirurgie, les maladies constituées par des dégénérations limitées et bénignes, de provenance obscure et non diathésique; ou ces parasitismes que l’on pourrait appeler accidentels, pour indiquer combien ils ont peu de racines dans la spontanéité vivante : on les opposerait à ces dégénérations délétères, à ces parasitismes spontanés dont les attaches profondément jetées dans l’économie finissent par l’entraîner toute à eux. Les uns laissent la vie presque saine comme l’accident ; les autres, liés à des impressions natives ou lentement conçues, envahissent sans rehlche la vie saine, usent ses résistances, et poursuivent jusqu’au bout leur marche fatale.

i>a chirurgie moderne doit son éclat et sa force à son élude savante de l’accident. Le sensualisme et ses méthodes l’ont puissamment aidée à cette fin , et , dans cette direction , l’ont conduite à une perfection inconnue. La voie où s’égarait la médecine était pour son heureuse rivale une voie d’inventions salutaires. Le mécanicisme subtil et délié, qui pouvait si peu pour nous, pouvait beaucoup pour les chirurgiens, et ils n’ont pas failli à la tâche d’en bien user. El néanmoins, par un singulier retour, et comme pour se dédommager des préoccupations ordinaires, quand les chirurgiens entraient sur un autre terrain que le leur et abordaient des questions plus spécialement médicales, beaucoup d’entre eux, libres de nos préjugés et obéissant à la droiture naturelle d’un jugement qu’ils n’avaient pas faussé , se montraient souvent remarquables

médecins, pleins du sentiment de la vie, de sa spontanéité incessante, de sa domination générale sur les étals morbides locaux, de sa tendance médicatrice. John llunter et John Bell n’étaient-ils pas profonds vitalistes en. même temps que chirurgiens éminents? Ambroise Paré, J. L. Petit, Boyer, n’ont-ils pas fondé cette grande école de la chirurgie françaises, où les témérités excessives sont contenues, et où l’étude des ressources de la nature, le sentiment de ses besoins, le soin extrême apporté à la servir servent de base à une thérapeutique à la fois prudente et hardie, simple et savante ?

Nous aurions bien d’autres réflexions à émettre relativement à l’étiologie chirurgicale , au caractère philosophiquement inférieur qu’elle imprime à la chirurgie, au genre de certitude qu’elle entraine, et qui s’éloigne tant du caractère et de la certitude propres de la médecine. Nous jugerions ainsi l’opinion exprimée dans tous nos traités de pathologie générale, et qui prétend amalgamer dans un même cadre non-seulement l’étiologie des maladies chirurgicales pures et celle des affections internes, mais encore la classification des unes et des autres ; qui assimile l’accident à la maladie proprement dite ; regarde la chirurgie comme une simple branche de la médecine, et assigne aux deux les mêmes méthodes d’analyse, un même génie d’observation et une langue analogue. Ces rapprochements contre nature étaient commandés par les préjugés régnants. La médecine devenait nécessairement chirurgicale en devenant sensualiste. Elle ne pouvait plus comprendre la maladie comme spontanée ; elle devait dès lors l’envisager comme accidentelle. Quittant ses voies légitimes, il ne lui restait qu'à suivre celles où marchait la pathologie externe, préoccupée surtout de désordres physiques et de troubles mécaniques. 11 y a là tout un enchaînement de questions d’un réel intérêt et dont cependant nous ne poursuivrons pas l’examen, afin de ne point perdre de vue nos études d’étiologie générale.

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