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Il suit de tout ceci une autre conséquence, c’est que la maladie siégeant en un coin de l’organisme, dépouillée de l’idée d’unité, rejetée dans une pluralité sans lien, ne peut être distinguée du symptôme et se confond avec lui. La cause et l’effet, l’unité et la dissociation, la maladie et le symptôme sont assimilés, sans que rien permette d’aller de l’une «à l’autre, ou témoigne même d’une distance entre les deux. Interrogeons, en effet, les définitions organiciennes : la maladie, suivant l’enseignement de Cliomcl et de toute l’école, est un désordre notable survenu soit dans la disposition matérielle des parties constituantes du corps vivant, soit dans l’exercice des fonctions. Qu’est, à son tour, le .symptôme? C’est, dit encore Chomel, tout changement appréciable aux sens survenu dans quelque organe ou dans quelque fonction, et lié à l'existence d’une maladie. Est-il une différence essentielle entre ces deux définitions, et celle du symptôme ne reproduit-elle
DF. L’üNITÉ ET DE LA PHÉNOMÉNALITÉ DANS LES MALADIES. 333 pas la première? En vain croit-on y introduire un élément distinctif en ajoutant lié à une maladie ; la maladie n’est rien de plus que le symptôme. Pans ces conditions, la joindre au symptôme et prétendre par là définir celui-ci et le séparer de la première, c’est tomber dans une singulière illusion. Il n’est pas moins extraordinaire de voir la définition du symptôme chargée d’un élément de plus que la définition de la maladie. Le moins semble ici surpasser le plus; il n’en a pas seulement tous les caractères, il en comporte un nouveau. C’est vouloir l’impossible. Aussi cette enflure apparente du symptôme se dissipe à l’examen, car elle n’est due qu’à l’addition d’un mot qui se résout dans le sien. En outre, la maladie s’identifie le plus ordinairement avec la lésion, et pour nombre d’organiciens, cette loi ne soulTre pas d’exception, tout trouble fonctionnel supposant une lésion matérielle; dès lors, maladie, symptôme, lésion, se rangent sur une même ligne et constituent des équivalents parfaits; rien ne subordonne l’un aux autres, ce sont des faits de même valeur, ou plutôt des expressions d’un même fait. Les sens pouvaient-ils donner ce qui sépare la maladie du symptôme cl de la lésion, à savoir, l’idée d’unité? Cette idée devait être bannie d’une médecine posée sur les fondements de la sensation. La sensation ne connaît que la pluralité.
La conclusion rigoureuse est que la maladie n’existe pas, et qu’il n’y a que symptômes et lésions.