CXL
Hippocrate et son école ont exprimé le dogme de l’unité de la maladie avec une clarté et une énergie qui depuis n’ont pas été dépassées, lia surtout vu avec une sûreté merveilleuse que l'unité morbide devait être rattachée à l'unité vitale; il a fait de l’une comme le reflet et un second aspect de l'autre, les enlaçant au point de les identifier en une seule figure, et témoignant par là qu'elles sont, dans la nature, les modes essentiels d’une seule force, la vie.
« Le principe de tout est le même. Il n’y a aussi qu’une fin, et la fin et le principe sont uns... Dans l'intérieur est un agent
inconnu qui travaille pour le tout et pour les parlies, quelquefois pour certaines et non pour d’autres... La nature esta la fois une et infiniment variée... 11 n’y a qu’un but, qu’un effort. Tout le corps participe aux mêmes affections; c’est une sympathie universelle. Tout est subordonné à tout le corps, tout l’est aussi à chaque partie. Chaque partie concourt à l’action de chacune des autres, t
Ce principe un, celte unité de tout le corps et de chaque partie, propre à l'être physiologique comme à celui que la maladie atteint, est devenu le dogme hippocratique par excellence, le dogme distinctif et traditionnel des médecins adonnés sans système à l’étude de la nature souffrante et de ses déterminations spontanées. 11 marque toutes les œuvres de cette grande école.
La notion de l’unité de la maladie reproduit, en effet, celle de l’unité delà vie, reconnaît les mêmes fondements, amène à des conséquences identiques. La vie est unité et force pénétrant à l’infini le composé organique, l’engendrant incessamment, et se manifestant par celle génération sans relâche. Celte unité, celle force n’a pas de siège dans la pluralité par laquelle elle évolue sans fin, dans la phénoménalité qu’elle suscitée! soutient. L’attraction moléculaire n’a pas de siège dans le composé qu’elic détermine; elle ne réside pas dans une molécule dernière. Cette molécule, pour être, doit se trouver imprégnée d’attraction jusqu'à l'infini. Pareillement l’unité vitale, la vie, n’a pas de siège; elle plonge dans l’économie entière et à des profondeurs incommensurables; elle vivifie à l’infini la molécule organique et vivante.
Il en est de même pour l’unité morbide. La maladie est la vie troublée; et ce trouble descend avec la vie jusqu’où descend la vie elle-même, par de là le visible et l’accessible. La maladie reconnaît comme cause une impression vitale délétère : une impression vitale peut-elle avoir un siège? Pas plus que la vie, évidemment. La maladie ne peut donc reconnaître
DE L’UNITÉ ET DE LA PHÉNOMÉNALITÉ DANS LES MALADIES. 341 île siège : comme la vie, elle est dans l’homme tout entier. « Tout le corps participe aux memes affections. »