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CXLV

Ou Mymptdme «I de la lésion. — De lu détermination morbide locale.

La maladie, affection et unité, se développe en une pluralité soumise à notre observation; elle est symptôme et lésion. Exposons le sens légitime et la portée de ces faits qui ne con-

tiennent pas en eux la maladie, mais que toute maladie contient en elle.

Et d’abord nous ne saurions nous perdre dans les confusions où tombe le sensualisme. Par cela que la maladie est unité et affection, elle se distingue nettement du symptôme et de la lésion. Considérons, avec Chomel, le symptôme comme un changement perceptible aux sens survenu dans quelque organe ou dans quelque fonction, et lié à l'existence d’une maladie ; et plaçons celte définition en regard de la notion vraie de la maladie , évolution d’actes anomaux reconnaissant comme cause une impression vitale morbifique, et se réalisant malgré la résistance de l’activité médicatrice, ou en provoquant une réaction médicatrice ; et l’on mesurera aussitôt la distance qui sépare ces deux ordres de choses. Les caractères du symptôme ne reproduisent plus ceux de la maladie ; ils n’appartiennent qu’à lui ; seul, le symptôme est un changement perceptible aux sens, un phénomène, un effet sensible. On a droit de le qualifier en disant de lui, lié à une maladie; car ces mots rattachent le changement, le phénomène, l’effet, à la substance qui le supporte, à l’activité , à la cause qui l’engendre. Le symptôme est l’apparence, le moment, l’acte isolé, vu en luimême et sans tenir compte du souffle agitateur qui le pousse. La maladie, vie modifiée, est la réalité qui supporte ces apparences, l’évolution qui renferme les moments, le tout au sein duquel s’enchaînent les actes. Pour atteindre au premier, la sensation peut suffire ; la seconde ne se perçoit que sous les lois nécessaires de l’entendement vivifiant un ensemble de sensations.

Néanmoins le symptôme ne doit-il être présenté que comme fait de sensation, et devons-nous nous en tenir à la définition toute matérielle donnée par Chomel? Faut-il ne voir en lui qu’un changement perceptible aux sens, et le caractériser uniquement comme s’il appartenait à la matière brute, à un organisme simplement physique, à un être inanimé et subissant

DE L’UNITÉ ET DE LA PHÉNOMÉNALITÉ DANS LES MALADIES. 369 passivement des modifications extérieures? Nous ne le pensons pas : le symptôme se passe dans l’ordre vivant, et doit en retenir les attributs; la cause vitale, la vie doit percer à travers les apparences qui la traduisent, même temporairement. Il faut que le symptôme, modification sensible, soit essentiellement rattaché à la matière vivante, exprime la spontanéité qui le soulève. C’est pourquoi nous condamnons les définitions exclusivement sensualisles du symptôme données dans les traités de pathologie générale. Nous dirons de préférence : le symptôme est tout acte sensible par lequel se développe l’évolution d’une maladie. La maladie une et active domine ainsi le symptôme, et lui communique les réalités de la vie; le symptôme, acte, est ramené par cela même au foyer vivant d’où il rayonne.

Si l’on réfléchit à celte notion du symptôme, et si on la compare à celle qui ne voit en lui que le changement appréciable aux sens, survenu dans les organes on les fonctions, on conviendra qu’elle seule sépare nettement les symptômes proprement dits de certains phénomènes physiques apparaissant dans le cours des maladies, et avec lesquels les symptômes sont habituellement et à tort confondus. Ainsi, l’épanchement de sérosité dans la plèvre est un symptôme de la pleurésie ; la matité correspondante à l’épanchement n’est pas un symptôme, mais un phénomène ou signe physique de la pleurésie. De même le gargouillement que l’oreille percevra dans une caverne pulmonaire n’est pas symptôme , mais phénomène physique ; et ainsi de suite pour celte longue série de signes sensibles dont s’est enrichie la science moderne, et qui se rattachent au symptôme et à la maladie, mais ne sont pas plus l’un que l’autre. On ne saurait mettre au même rang et désigner du même nom les manifestations directes et essentielles de l’acte morbide, et les changements physiques qu’amènent les conditions extérieures de l'acte. Ceux-ci ne traduisent en rien l’activité morbide, ne sont pas inhérents à son développe-

mcnl propre, et peuvent être communs à des actes ou symptômes essentiellement différents. Les méthodes et les habitudes sensualisles accréditent ces confusions : une saine appréciation des phénomènes constitutifs de la maladie doit les dissiper, et distinguer dans leur principe tous les faits particuliers.

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