CL
Du fl lu fi no* tic do lu uialudlt».
Le diagnostic, c’est-à-dire la connaissance et la distinction particulière des maladies, relève directement des enseignements précédents. Les éléments essentiels qui le composent, se groupent tous, en effet, autour de la notion d’unité affective, et des rapports qui s’établissent entre l’unité et les divers phénomènes morbides. Celle notion et ces rapports varient, comme on vient de le voir, suivant les méthodes et la doctrine
350 l’UlNClFES DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE.
,1UC l’on professe : le diagnostic sc transforme pareillement, et se montre tout autre au médecin qui se renferme dans 1 exploration de la matière organique, ou au vitaliste qui remonte à l’idée nécessaire de force et de substance.
La médecine organique qui place l’unité de la maladie dans la lésion, appréciable ou non à nos sens, ou dans le trouble d’une fonction, et qui tire de cette unité toute la phénoménalité morbide, place nécessairement le diagnostic dans la connaissance du siège et de la nature de la lésion ou du trouble fonctionnel, et le développe en déduisant de cette connaissance la série des svmptùmes et toute l’évolution pathologique. Siège et nature du désordre local, explication, puisée à cette même source, des phénomènes primitifs et secondaires de la maladie, telles sont les deux parties dont l’ensemble constitue aujourd’hui un diagnostic complet. Les écrivains actuels nous donneront de ce fait des preuves trop multipliées et faciles.
Déterminer le siège de la maladie est l étude première.
, Qu’est l’observation, si l’on ignore là où siège le mal ? » Celte parole a fait de Bichat l’un des chefs de l’organicisme. Broussais la plaçait en épigraphe à son Examen des doctrines. Ce sont là les maîtres immédiats de la médecine moderne, et celle-ci a fidèlement répété le précepte. « Le siège d’une maladie, écrit M. le professeur Rostan, son genre étant fixé, formera donc la connaissance la plus positive, la plus satisfaisante qu’on puisse espérer dans l’état de la science. Sans cette connaissance, l’esprit flotte dans l’incertitude et ne sait sur quel point s’arrêter. Une maladie qu’on peut localiser est donc une maladie infiniment mieux connue que celle dont on ne peut fixer le siège. Avouons même que pour ces dernières, l’art est encore au berceau. » C’est à peu prés ainsi que chacun paraphrase aujourd’hui l’erreur concise de Bichat.
Le siège de la lésion est donc la connaissance majeure, la base d’un bon diagnostic. Ce n’est pas tout cependant : le siège d'une lésion ne traduit pas à lui seul ce qu’est la lésion. « Ce
DE L’UNITÉ ET DE LA PHÉNOMÉNALITÉ DANS LES MALADIES. 367 n’esl pas assez, tant s’en faut, dit M. le professeur Bouillaud, que d’avoir déterminé le siège du mal, il reste à connaître quelle est la nature de ce mal, c’est-à-dire le mode de lésion subi parles parties, soit solides, soit fluides, soit par les solides et les fluides réunis. » Les médecins organiciens ont donc cherché à atteindre cette dernière détermination ; ils ont étudié les lésions, non pas seulement quant au siège, mais quant à leur nature prétendue ; ils ont déterminé celle-ci d’après les caractères extérieurs offerts par les lésions elles-mêmes, et ont classé ces dernières en ordres et genres divers.
Lorsqu’on a fixé le siège et le genre, on possède le diagnostic réel. « En quoi consiste essentiellement le diagnostic, dit M. Bouillaud? A reconnaître quels sont le siège et la nature d’une maladie donnée; en d’autres termes, quelle est la partie lésée, et comment cette partie est lésée. » Le diagnostic est ainsi ramené à une pure étude anatomo-pathologique.