CL1V
Les conditions de diagnostic se présentent toutes différentes lorsqu’on place l’unité de la maladie dans l’affection, comme sa cause dans les impressions vitales, et que l’on suit la phé-
nornénalilé morbide comme le développement actif de l’unité, toujours présente et causante à travers les successions phénoménales. Dès lors la connaissance essentielle de la maladie réside, non plus dans la connaissance sensible de la lésion et des phénomènes symptomatiques, mais dans celle de l’unité, de l'affection, laquelle seule conduit à l’intelligence vraie des symptômes et des lésions. Déterminer la première et y rapporter les autres, non pas mécaniquement et physiquement, mais sous le souffle de la vie, est la seule voie légitime et medicale.
11 suit de là qu’à choisir entre un jugement assuré de l’affection avec connaissance incomplète des symptômes et des lésions, et une complète connaissance de ces derniers avec un jugement nul ou erroné de la première, il faudrait préférer le jugement de l’affection. Ne vaut-il pas mieux connaître la cause et méconnaître une part des effets qu’elle provoque, et qui lui sont toujours soumis, que de voir les effets et d’ignorer la cause qui les produit? Que sont ceux-ci sans la cause, sinon lettre morte, apparence qui ne lient à aucune réalité? L’unité connue, ou même seulement entrevue, est à elle seule féconde, et donne à préjuger sûrement la nature de la pluralité qu’elle engendre, quoiqu’on ne perçoive pas toute celte pluralité, ou que, sous certains points, on la perçoive mal. Au contraire, une pluralité éparse et qui ne trahit en rien l’unité créatrice, est un vain assemblage. Galien, qui a touché à toutes les vérités comme à toutes les erreurs de la science, résumait les idées qui précèdent par ces mots : « Morbi dignutio et curatio pendent ex intellectione affectus et non partis affecta:. »