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CLXIII

Si nous poussons plus avant l’analyse des éléments morbides, à côté des affections essentielles primitives, causes véritables et raison déterminante de l’espèce morbide, nous trouverons des affections secondes de l’imité vitale, lesquelles, effets d’abord des précédentes, deviennent ensuite essentielles et source particulière d’indications. C’est ainsi qu’en étiologie nous avons vu des causes secondes naître des causes premières et se joindre à celles-ci pour conduire, de concert, l’évolution pathologique. Il est donc des actes morbides secondaires qui s’essentialiscnt, qui, franchissant l’étal d’effet pour passer à l’état de cause, deviennent des éléments nouveaux, des imités affectives de la deuxième heure, associées à l’unité ou aux unités primitives. Telles peuvent être les affections sympathiques, les lésions de structure et même les symptômes.

Fréd. lîérard a nettement perçu cette transformation de l’effet en cause, celte création seconde d’éléments morbides. » L’affection sympathique, dit-il, est encore purement symptomatique, et elle en a tous les caractères. Quand l’affection sympathique n’est plus subordonnée à la maladie qui lui a donné naissance, mais qu’elle se maintient par elle-même, elle n’est plus sympathique à proprement parler, elle ne dépend plus de l’affection éloignée qui l’a provoquée, elle se rattache à la même disposition organique que celle qui la produit quand elle a lieu directement; alors elle peut devenir l’objet d'un traitement direct; en un mot, elle est essentielle. Ainsi, une branche d’arbre enfoncée dans la terre et liée au tronc qui lui a donné naissance, en fait encore partie et se nourrit par lui; mais si elle pousse des racines, elle acquiert une existence indépendante et s’isole de l’arbre primitif. La douleur qui accompagne une inflammation est-elle proportionnée à l’in-

flammation même, elle ne peut pas être attaquée par un traitement direct, elle n’est que symptôme; mais, au contraire, est-elle disproportionnée à celle-ci, est-elle prédominante, se lie-t-elle au tempérament de l’individu, à des causes particulières, etc., elle est essentielle, et elle peut l’être plus ou moins, selon l’intensité et le rapport de toutes ces circonstances, car nous remarquerons qu’il n’y a pas ici une division toujours tranchante et positive, et qu’une affection peut passer de l’état symptomatique à l’état essentiel par toutes les gradations possibles. »

L’altération de structure produite par une affection première de l’unité vitale donne aussi lieu, dans certains cas, à la formation seconde d’éléments morbides. L’altération peut s’affranchir plus ou moins des liens qui la soumettent à l’unité affective, et subsister par elle-même, par les troubles fonctionnels qu’elle entraîne, par l’ébranlement qu’elle imprime à l’organisme ; troubles et ébranlements qui se tournent en source nouvelle de mal et de lésions. Tout est causé et causant dans ce cercle d’impressions et de désordres. La lésion peut ainsi devenir, et à des degrés infiniment variables, affection essentielle, élément second de maladie, et tout comme l'affection sympathique, prolonger le mal, le personnifier, pour ainsi dire, alors que la cause initiale et vraiment productrice s’est éteinte. La lésion dès lors fournit les indications; et pour être efficace et frapper le mal dans son principe, le traitement doit s’adresser directement aux effets locaux, à l’altération des parties organiques.

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