‹ Principes de pathologie généraleChapitre 141 sur 180 · CLXXX · texte numérisé non relu

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La nature médicatrice, dont nous venons d’établir le rôle nécessaire dans la maladie, est une modalité vitale qui se traduit en actes, qui possède ses manifestations propres. Quels sont les lois et les caractères de ces manifestations ? Far quel appareil de symptômes, par quelles synergies, par quel enchaînement d’actes organiques la nature médicatrice se réaliset-elle? L’effort médicateur s'exprime-t-il extérieurement de façon à permettre de distinguer les réactions, et d’assigner à chacune ses actes propres, ses conditions organiques et fonctionnelles? Quelles sont les réactions pleinement efficaces, celles dont l’efficacité devient douteuse, celles enfin qui doivent expirer dans l’impuissance ? Questions qui embrassent la pathologie entière dans son sens le plus large, et dont la solution générale exige les études cliniques les plus étendues. > Nous ne pouvons ne pas rappeler ici, et tout d’abord, le vaste enseignement légué sur ce sujet par le père de la médecine. Les Epidémies, les Prénotions conques, les Aphorismes, renferment une glorieuse ébauche du code de la nature médicatrice , ébauche que de puissants observateurs ont depuis avancée, mais sans arriver ;’i faire oublier l’inspiration et le plan primitifs. Lire ces livres empreints d’une simplicité

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sublime et d’une intelligence profonde de la vie médicatrice, n’est pas chose facile, si, au lieu de s’en tenir à une vue superficielle, on veut en pénétrer l’ensemble caché, la pensée fondamentale. 11 faut alors, et avant tout, se dégager de cet étroit orgueil qui compte les erreurs et mesure avec satisfaction les non-sens. Qui ne le sait? les empreintes du temps remplissent ces vieux écrits, et l’on y heurte à chaque instant l’ignorance de faits analytiques que nous avons mis vingt siècles à acquérir. Ces taches les voit-on, lorsqu’on se donne tout entier à la mâle grandeur de ces tableaux, à ces harmonies de la maladie révélées avec un sentiment de nature et d’activité réglée, qui parmi nous est resté inimitable! c Ce n’est point le langage de l’homme, c’est le langage de la nature elle-même que parle Hippocrate », écrivait Baglivi. Mais ce langage ne livre l’esprit qui l’anime qu’à ceux qui ont dépassé la région îles explorations physiques et d’une symptomatologie muette. L’attrait de la médecine grecque ne fait sentir que lentement toute sa puissance. Pour apprécier ces formes antiques et saisir la noble et saine vie qu’elles recouvrent, il faut avoir beaucoup lu, beaucoup jugé ; il faut être assez avancé dans la voie de la science et de l’art pour comprendre le rôle qu’y jouent quelques vérités souveraines, et les aimer assez pour en goûter l’expression simple et naïve.

Toutefois les livres hippocratiques ne présentent que des déterminations particulières, ou que des expressions trop concises et trop générales des lois de la nature médicatrice. Ce sont de lointains modèles d’une œuvre que la science moderne doit rajeunir et développer. Nous voudrions accuser dans ses traits principaux la physiologie de la force médicatrice, tracer les modes vitaux, les appareils organiques et fonctionnels de la réaction : c’est là une étude capitale de physiologie pathologique, celle peut-être dont les applications sont fécondes entre toutes.

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