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Il sullit de se reporter à la constitution élémentaire de la maladie pour en déduire une définition simple et substantielle de la marche de la maladie. Tout est activité dans la maladie, rien n’y est immobile. Traduire celle activité dans ses éléments constituants, la réaliser dans les rapports de l'affection et de la réaction, c’est définir la marche de la maladie ellemême. Nous désignerons donc sous ce nom l’évolution que le mode réactif soulevé contre l’affection imprime à la maladie. Une période est l’un des moments distincts de celle évolution.

On peut juger pur là que la marche dans les maladies où la réaction est prédominante, réglée, calculable, efficace, et l’affection accidentelle et temporaire, différera de celle qu'offriront les maladies diathésiques, ou à affection persistante, incarnée dans la vie individuelle, et à réaction irrégulière, dominée, impuissante. Les maladies réactives, en effet, présentent des temps plus distincts, un temps d’invasion et d’augment, une période d’état, manifeste, et, seules surtout, une période de déclin, de changement définitif, d’entière restitution hygide. Ce sont donc ces maladies que l’on envisage principalement lorsque l’on examine d’une manière générale les temps naturels de la maladie.

Ces temps peuvent se réduire aux trois mentionnés cidessus. Une première période d’invasion et de progrès du mal : la réaction se déclare plus ou moins vivement contre la cause affective, et s’élève jusqu’à ce qu’elle atteigne un degré d’intensité déterminé à la fois, et par la nature de l’organisme qui réagit, et par l’espèce et la gravité de l’élément affectif. Les symptômes de l’invasion varient. Le plus souvent, ils sont brusques, nettement accentués : réfrigérations spontanées, frissons, lassitudes insolites, troubles généraux de la vie de relation et de la vie commune, troubles locaux des

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principaux organes et appareils. Parfois, au contraire, les phénomènes d’invasion se dessinent par une accentuation graduelle et douce; d’abord légers, fugaces, erratiques, ils deviennent continus, gravatifs, fixes; ils prennent possession de l’organisme par poussées, jusqu’à ce que la réaction organisée, pleine et franche, marche dés lors comme après le plus vif début.

La réaction établie se maintient dans tout son développement pendant un temps variable ; ce temps de persistance caractérise la seconde période dite d’état. Le mal est au plus haut; tous les symptômes se montrent dans leur plus grande vigueur. Les solutions se préparent; on peut les présager suivant le caractère, la modération ou l’intensité des manifestations. Le moment toutefois appartient essentiellement à la lutte ; la réaction et l’affection se partagent et se disputent la vie. Si la cause affective prend dès lors le dessus, si les réactions s’affaissent, cette seconde période du mal en sera la dernière, et deviendra le terme funeste de l’évolution.

Si l’affection, au contraire, recule, l’activité réactive, ayant atteint son but, s’affaiblit peu à peu, et la troisième période apparaît, période de déclin. Les symptômes s’amendent par groupes successifs ou simultanément, la vie commune retrouve ses libres synergies, les sécrétions se raniment, la peau s’assouplit, les absorptions renaissent et deviennent réparatrices ; la vie de relation reprend son aisance, les sensations sont perçues avec justesse, de longs sommeils éteignent les surexcitations morbides et présagent la convalescence. Comment la maladie s’efface-t-elle entièrement et comment la santé estelle réintégrée? Dernière élude de clinique générale que nous réservons pour le moment.

Les maladies affectives, mode permanent et presque inaliénable de la vie, sont loin, disions-nous* d’offrir des périodes aussi tranchées. Néanmoins toute division naturelle des temps de ces maladies n’est pas impossible. Ici encore l’étude des

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maladies réactives vicnl éclairer les faits afTeclil’s, et les analogies quelle l’évèle permettent de retrouver dans les maladies affectives les traces des divisions si nettement accusées dans les premières. Ainsi on aura une période d’invasion et d’augmenl, et une de vigueur ou d’état; seulement ces périodes seront à long développement et à lointaine échéance. Plus étendues, elles seront moins concentrées, moins saillantes, moins distinctes par conséquent; elles se pénétreront mutuellement, et il sera souvent difficile de dire si tel moment appartient à l’une plus qu’à l’autre. Lorsque la vie sera décidément entrainée dans le courant affectif, lorsque la réaction ne s’appuiera plus, dans l’organisme, sur aucun consensus préservé et résistant, la maladie entrera dans sa dernière période, période de déclin, mais de déclin vital. Si, avant que la vie soit fatalement conquise, l’art réussit à modifier profondément l’oppression vitale, à susciter des réactions suffisamment communes et à ramener la maladie dans la voie des périodes régulières, alors la période dernière pourra devenir un vrai temps de déclin morbide et de restauration physiologique. Dans ce cas, la maladie chronique prend le mode de l’acuité, de la maladie ordonnée et calculable, et son évolution se rapproche de celle qui appartient à ce mode.

Les mêmes lois gouvernent donc la marche des maladies réactives et des affectives; l’expression seule se modifie des unes aux autres.

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