‹ Principes de pathologie généraleChapitre 157 sur 180 · CCIX · texte numérisé non relu

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Nous avons jusqu’ici gardé le silence sur ce que l’on a improprement appelé la doctrine des jours critiques. Admettre ou rejeter les jours critiques, ne saurait être, en médecine, une affaire de doctrine, et ne touche pas aux notions essentielles comprises dans la doctrine des crises. C’est un fait d’observa-

lion vrai ou faux, bien ou mal vu, mais sans relation nécessaire avec la constitution élémentaire de la maladie. Aussi peuton demeurer attaché à la doctrine générale des crises, et délaisser l’idée accessoire et problématique des jours critiques. On imitera par là Bordeu, que l'on n’accusera pas de méconnaître ou d’affaiblir le rôle des crises. < Les anciens, dit-il, fort attachés aux jours critiquos, ont donné, par un préjugé fondé sur la philosophie de Pythagore, une vertu particulière et intrinsèque à de certains jours plutôt qu’à d’autres : c’est un excès, c’est un système qui, étant adopté trop généralement, no peut conduire qu'à des erreurs même grossières. *

On a prêté à Hippocrate des opinions beaucoup trop absolues sur les jours critiques. Le pythagoricien cédait chez lui devant l’observateur sincère de la nature, et ses observations particulières témoignent qu’il ne regardait pas les crises comme invariablement fixées aux seuls jours critiques ; elles notent, au contraire, des crises à tous les jours. C’est à Catien surtout que remonte la déviation de la science et de l’art en ce point. Nous ne nous arrêterons pas sur ce sujet d’une importance secondaire, et sur lequel, d’ailleurs, nous hésitons à formuler une opinion définitive, dépourvus que nous sommes d’observations précises et dirigées dans ce sens. Nous croyons, sans peine, que dans les maladies fébriles conduites par une réaction commune, la solution critique se déclare en général à des moments réguliers, tellement la marche de ces maladies est réglée et calculable. Nous accepterons volontiers, avec la plupart des observateurs, que les solutions critiques, dans ces maladies, arrivent communément à la fin des premier, deuxième, troisième, quatrième septénaires, c’est-à-dire au septième, quatorzième, vingtième, vingt-septième jour. Foreslus, Hoffmann, de Hacn, et bien d’autres, confirment ces faits. Resserrée dans ces données, la prétendue doctrine des jours critiques nous paraît rentrer, en grande partie, dans la doctrine des périodes naturelles des maladies, c On ne peut nier, dit

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llordeu, qu'il n’y ait des périodes, des temps, des jours et des moments respectables, très nécessaires à remarquer dans le cours des maladies : ce ne sont pas les jours par eux-mêines, el comme pairs ou impairs, qui ont une vertu particulière, ce sont les maladies qui ont des périodes ou des états un peu plus, ou un peu moins longs, dans les différents sujets ; il n'est pas douteux que les temps d’irritation, de coctiun, et d 'excrétion, ne soient à peu près aussi manifestes dans la plupart des maladies aiguës, et vraisemblablement des maladies chroniques, que clans la petite vérole ; ces temps peuvent avoir et ont souvent à peu près la même durée dans les différents sujets ; mais il y en a beaucoup où ils sont ou plus courts, ou plus longs, sans qu’il faille les négliger pour cela. » Sages paroles auxquelles nous aceédons sans réserve.

Cependant, pour donner place à toutes les opinions, à côté de l’interprétation de llordeu, nous citerons les dernières lignas de la Séméiotique do Landré-Beauvais : t Les phénomènes vitaux, dit ce respectable observateur, présentent, il est vrai, des variétés : on observe quelques exceptions, dans certains lieux, dans certains climats, ou par d’autres circonstances ; les phénomènes de la vio ne peuvent être soumis ù un calcul rigoureux, cl ù des règles complètement invariables ; mais toutes les observations partielles ne prouvent rien contre la doctrine des jours critiques, constatée dans tous les siéples par les médecins de la plus haute réputation, C’est à la campagne, c’est dans les villes, parmi les personnes qui mènent une vie simple et régulière, et qui ne sont pas débilitées par des excès ou par une extrême vieillesse ; c’est en évitant de faire une médecine trop active, quelquefois salutaire et plus souvent nuisible ; c’est en se bornant à combattre des complications ou des efforts vicieux de la nature, qu’on peut vérifier la doctrine des crises. Je peux assurer que, depuis plus de vingt années que je me livre à l’exercice de la médecine, j’âi constamment observé les crises aux époques indiquées par Hippocrate, lorsqu’ uno médecine

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perturbatrice ne dérangeait pas la marche naturelle des maladies. Les élèves qui cnt suivi mes cours de médecine clinique à l’hospice de la Salpêtrière, ont souvent vu les crises s’opérer les jours critiques, même chez les vieillards. » 11 y aurait donc peut-être à reprendre toute cette affaire des jours critiques, à revoir ce côté de l’histoire des maladies aiguës, œuvre qui ne serait pas facile et légère. Il faudrait, pour la réaliser, des conditions qui se rencontrent mal aujourd’hui ; la première entre toutes serait d’observer et de suivre les crises.

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