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CHAPITRE VIII

De riatrochimisiuc cl Je riuUoméeanicismc. — De la méthode numérique en thérapeutique. — De l'éclectisme. — De la thérapeutique dans la doctrine du vitalisme. — De l’indication et de son rôle en thérapeutique. — De la recherche des indications. — - De la médecine agissante, de l’expectante, et de l’analt* tique. — De la certitude en thérapeutique.

s CCX1I.

L’étude doctrinale de la thérapeutique reproduit sous une face nouvelle l’application des principes généraux et des notions constitutives de la science de l’homme vivant. Le passage de l’observation scientifique à l’action pratique se fait par d’insensibles degrés. Celle-ci est comme le prolongement de celle-là ; elles se pénétrent et se soutiennent l’une l’autre. Rien dans l’art qui ne soit dans la science; rien dans la science qui ne se retrouve dans l’art. I ne seule et même doctrine gouverne et anime la connaissance des maladies et l’art de les traiter. Si la scieuce est dominée par les préjugés sensualistes, ceux-ci domineront pareillement la thérapeutique. Le mécanicisme et le chimisme, s’ils fournissent l’interprétation des phénomènes vitaux, devront nécessairement livrer l’interprétation des effets thérapeutiques, qui sont aussi phénomènes vitaux. Si, au contraire, la science repose sur la notion de force, d’unité, de cause, d’activité, si tous les phénomènes de la vie se rangent sous l’idée supérieure de spontanéité, la thérapeutique s’appuiera tout entière sur ces mêmes notions ; l’action curairice des médicaments reconnaîtra pour base la même force, la

DOCTRINE DE THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALE. f>*?7

même spontanéité que celle qui fait la vie. Ces vérités sont finie de toute étude de thérapeutique générale.

L’étude des causes, nous l’avons vu, domine toute la médecine ; elle contient en elle toute la philosophie de la science. La thérapeutique est une sorte d’étiologie conduisant à la guérison des maladies, comme l’étiologie même amenait à leur génération. Le médicament et son action concourent à une modification salutaire de l’organisme, tout comme l'occasion morbide et son action concourent à une modification malfaisante de ce même organisme. Ce sont d’identiques rapports entre le monde extérieur et le monde vivant qui ramènent la vie dans ses conditions normales, ou cjui l'entraînaient vers les conditions morbides. Tout est médicament, tout est occasion morbide. Chaque chose, chaque condition peut, suivant les cas, être condition morbide ou condition thérapeutique, pousser à la production du mal ou à sa guérison. Le mode d’action exercé sur l’organisme est d’un ordre pareil, dans l’un comme dans l’autre cas. La doctrine thérapeutique est un simple aspect de la doctrine étiologique, et réciproquement.

lin élément nouveau entre pourtant dans la thérapeutique et la spécialise, c’est l’indication. L’action thérapeutique est, en effet, cherchée, provoquée* appliquée : il y a donc h déterminer l’indication qui guide dans celte recherche, qui inspire la provocation, qui motive l’application. L’action morbifique, au contraire, s’exerce malgré nous, et le plus souvent à notre insu. Ce sont les circonstances et les nécessités naissant dans les milieux où nous nous agitons, qui sont les promoteurs aveugles de cette action. L’indication fait donc de la thérapeutique un art. Sans elle, étiologie et thérapeutique se confondent.

§ CCXIJI.

-Nous n’avons pas à considérer en lui -même le médicament ; il ne fournit directement aucune connaissance sur la nature

propre de l’action thérapeutique, tout comme les occasions morbides ne traduisent en aucune façon l’action morbifique. L’histoire du médicament isolé de l’organisme appartient à la matière medicale, laquelle est complètement étrangère à la science de la vie et de la maladie. Nous la laisserons donc de côté. La question essentielle, la vraie doctrine en thérapeutique consiste à déterminer dans quels rapports le médicament entre avec l’être vivant pour le modifier. Que le remède soit emprunté aux divers règnes de la nature, à l’hygiène, au régime, il faut connaître son mode nécessaire d’action sur l’économie vivante. Seule cette connaissance nous permettra de définir le médicament, de comprendre la thérapeutique, et de fixer la source où se puisent les indications.

Nous retrouvons ici, comme toujours, deux ordres de conceptions : dans l’un l’action thérapeutique est, ainsi que l’action vitale, imaginée comme un résultat des forces physiques et chimiques de la matière ; dans l’autre, l’action thérapeutique est une action conçue par une activité spontanée et réagissante, sous des sollicitations extérieures suscitées par l’art, et qui tend à ramener cette activité dans ses conditions régulières. Ainsi que nous l’avons démontré au sujet des phénomènes vitaux, aucun compromis ne peut être établi entre ces deux conceptions. On ne peut accepter l’une dans ce cas, la refuser dans celui-ci, ni admettre l’une ou l’autre tour à tour; elles sont exclusives et se rejettent absolument ; elles dominent tout ou disparaissent, sont ou s’effacent partout. Il en est de même pour l’action thérapeutique. Son essence est constamment identique : le démontrer, sera réfuter l’une des plus grandes erreurs de notre temps.

Telle est donc la divergence au point de départ. Nous allons mesurer à quels profonds éloignements elle conduit. Cherchant toujours à réaliser par une double voie un même enseignement, dévoilant le faux pour mieux exposer le vrai, nous poursuivrons d’abord les développements obligés de l’erreur en

thérapeutique. Tout lecteur qui sonde les choses, reconnaîtra si ces développements sont visibles autour de lui, si la logique des idées s’est ou non traduite dans les faits. Nous essayerons ensuite de caractériser les vérités essentielles de la thérapeutique, de tracer, d’une main affermie parles principes, les voies de la pratique et les conditions souveraines de l’art.

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