‹ Principes de pathologie généraleChapitre 164 sur 180 · S CCXIX · texte numérisé non relu

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Mais, dira-t-on, l'organicisme accepte pour la thérapeutique d’autres points de départ que l’anatomie pathologique. M. le professeur Rostan reconnaît lui-même que parfois les symptômes et les causes doivent conduire au traitement. Rien n’est plus vrai, et rien en même temps ne va mieux témoigner de l’unité de vue, de la persistance d’esprit que le sensualisme apporte dans sa façon de concevoir les choses ; car un mécanicisme obscur ou manifeste inspire toujours les déductions thérapeutiques puisées ici dans les symptômes comme dans les causes.

Les symptômes, en effet, ne peuvent fournir que des indications en rapport avec ce qu’ils sont eux-mêmes. Or, que sontils pour l’organicisme? Un phénomène extérieur sans autre lien que celui «pii le rattache à la lésion. Lorsque ce lien se dérobe, lors«|ue l’heureux accord entre le symptôme et la lésion, si vanté par ces pathologistes, n’existe pas ou n’est pas perçu, le symptôme n’est «ju’un trouble sensible dont la cause échappe, cl que l’on doit combattre directement, isolément, puisqu’on n’en peut attaquer le principe. On combat donc le

symptôme en lui-même, en tant que fait extérieur et physique; on dérive en plein inécanicisme. Ainsi, une hémorrhagie se déclare, on l’arrête ; il y a de la constipation, on purge ; le pouls est dur et fréquent, on saigne ; le pouls est faible, les tissus sont lilches et décolorés, on les fortifie par des toniques; la peau est froide, on la réchauffe ; il y a du délire, on dégage la tête ; et ainsi de suite, quelle que soit d’ailleurs la lésion cachée, la cause inaccessible aux sens.

Pour les causes dont l’art organicien prétend tenir compte, le mode d’action thérapeutique est plus directement mécanique encore. L’axiome de physique, Sublata causa, tollitur e/fectus, en révèle d’un coup tout l’esprit. Il faut éloigner, détruire les causes morbides, si on peut les atteindre, et si on ne le peut, combattre physiquement les effets physiques produits par elles sur l’organisme. Telle est l’indication essentielle fournie par les causes, et si l’organicisme base rarement sa thérapeutique sur les causes, c’est que rarement on peut agir sur la cause. Toute prise directe ou indirecte sur elle est le plus souvent impossible ; la cause échappe après son action ; le médecin n’a plus devant lui que le mal effectué, que la lésion produite. Les causes dites spéciales et les causes spécifiques sont, d’après M. le professeur ltostan, celles qui fournissent les plus précieuses indications, les unes thérapeutiques, les autres pi ophylactiques. c Parmi les causes spéciales, dit cet auteur, les poisons doivent tenir le premier rang. C’est ici que nous trouvons le plus de faits qui démontrent l’utilité qu’on peut retirer de la connaissance des causes; en effet, le traitement de la plupart des empoisonnements varie suivant la substance toxique qui l’a déterminé. »

Voilà un aperçu de la thérapeutique que fournit à l’organicisme l’étude des symptômes et des causes. On voit qu’elle ne s’écarte pas du genre principal représenté par l’étude anatomopathologique de la lésion. Celle-ci demeure le type fondamental ; les unes et les autres sont pareillement niécanicistes.

Pouvail-il eu être autrement? Pour édifier une saine intervention sur les symptômes, il faudrait savoir que les symptômes comme les lésions dépendent d’une cause supérieure et la traduisent par un coté ; qu’ils peuvent même s’essenlialiscr en partie, s’unir à la cause affective première, devenir cause morbifique seconde, et par conséquent source réelle d’indications. Il en est de môme à l’égard des causes. Comment l’organicisme comprendrait-il que l’étude des causes est la base même de l’art de guérir ; que tout revient aux causes ou en part? Il faudrait, pour l’intelligence de cela, interpréter dans son vrai sens la cause morbifique, la voir non dans l’occasion ou condition morbide extérieure, mais dans la modification vitale subie par l’économie ; la concevoir comme unité affective, comme modalité de la cause première, de la vie en un mot. Autant demander à l’organicisme de se renier tout entier.

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