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Que peut être un pareil enseignement, sinon un enseignement accessoire, une sorte de superfétation, dont la médecine, comme science et comme art, se passerait sans rien perdre d’essentiel, sans se décapiter? Car la pathologie générale n’est plus la tête de la science, mais un résumé, souvent vague, à la suite d’une science établie avant et sans lui. Son peu d’importance tombe tellement dans la logique des choses, que ceux mêmes qui voudraient relever cette partie de la science, le reconnaissent malgré eux, en lui recherchant une de ces utilités inférieures qui en démontrent l’inutilité réelle. Ecoutons Chomel, par exemple : * Si la division de la pathologie en générale et en descriptive, semblait à quelques personnes plus propre à prolonger l’étude des maladies qu’à l’abréger, il serait facile de les ramener à une opinion plus juste. Nous conviendrons avec elles que la connaissance des maladies en particulier est <T une plus grande importance, et que l’élude de la pathologie générale n'offre pas au médecin praticien le même degré d'utilité. Mais en admettant, même pour un moment , que celle-ci devint entièrement inutile à celui qui sait, on ne pourrait pas en conclure qu’elle ne soit pas nécessaire à celui qui apprend. »
M. le professeur Mouneret, qui sent et déplore l’abaissement delà pathologie générale, ne peut guère, néanmoins, lui assigner un rôle plus indépendant et plus fécond ; parce que, malgré scs aspirations, il demeure enchaîné à l’unique comparaison et classification des phénomènes. Une pareille étude ne
OBJET f)E LA PATHOLOGIE CÉNÉliALE. à~
saurait lui fournir quo (les secours de mémoire, d’ordre, de mutuel appel entre les faits multipliés et divisés à l’inlini, tels que les apporte la sensation. « Ceux qui apprennent la médecine, écrit cet honorable professeur, obligés de faire des efforts considérables de mémoire pour retenir un nombre prodigieux de descriptions et de faits de toute espèce, les oublient bientôt, parce qu’ils ne sont représentés, dans leur esprit, par aucune formule, par aucun de ces signes intelligents qui restent, lors même qu’on a perdu le souvenir des détails. On peut faire ainsi des hommes à mémoire , mais non des hommes capables de réfléchir, de raisonner et de prendre, dans les occasions critiques, un point d’appui solide sur la méthode d’induction. 11 arrive dans la vie une époque où les faits particuliers s’effacent, et alors il ne reste plus rien dans l’intelligence, parce qu’on ne possède pas une bonne méthode, et qu’au lieu de coordonner, d’utiliser par la synthèse et la méditation tous ces faits, on se contente de les apprendre par cœur. » Telle est donc l’utilité principale et avouée de la pathologie générale. Elle aide la mémoire, facilite les études, classe, ordonne les connaissances acquises en enseignant ce qui est phénoménalement commun dans les maladies, elle évite de le redire autant île fois qu’il y a de maladies particulières ; avantage problématique, quoi qu’il en semble, car le résumé synthétique et ses formules sont eux-mèmes une addition aux études de détail, ne sauraient en dispenser, surchargent à nouveau la mémoire, et ne peuvent donner à l’intelligence un fil conducteur, c’està-dire une notion de soi active et féconde ; en tout cas, avantage médiocre, tout borné à l’enseignement scolastique, et presque indifférent au médecin et à l’observateur.