‹ Principes de pathologie généraleChapitre 24 sur 180 · S XXVII · texte numérisé non relu

S XXVII

11 est, en effet, une autre pathologie générale et la vraie, qui n’est ni un résumé, ni un résultat de l’histoire particulière des maladies, qui ne s’occupe plus d’abstraire et de classer les phénomènes, mais d’en pénétrer les réalités intérieures et les lois nécessaires. Abordant l’observation des faits avec les notions fécondes de cause et de force, elle atteint à la connaissance réelle et substantielle ; elle quitte la superficie et l’image des choses pour saisir les choses elles-mêmes; elle ne se tient pas pour satisfaite au sein d'une multiplicité plus ou moins

symétriquement disposée, mais que rien ne régit ; elle veut atteindre à l’unité, à la force qui constitue en substance celte multiplicité. Celte pathologie générale donne seule â la médecine une raison d’être ; seule elle assigne aux faits vitaux leur place et leur vrai caractère ; seule elle nous permet de marcher, sans nous égarer, au milieu de l’immensité des faits propres ou afférents à notre science, en les reconnaissant tous, en les rattachant à leur cause véritable, en déterminant leurs rapports mutuels et leur légitime hiérarchie. Sans elle, la science entière appartient au phénoménalisme, qui, chez nous, se tourne toujours en une invasion des sciences étrangères, en une soumission ruineuse de notre science aux forces inférieures sur lesquelles la vie s’exerce, en la négation des causes et des forces propres à notre ordre.

La pathologie générale ainsi comprise a donc pour objet incessant les lois, l’étude des causes et des forces qui, sous des modalités variées, animent et dirigent les formes mobiles et changeantes par lesquelles se traduisent les activités vivantes et les évolutions diverses de la maladie. Elle constitue un ensemble de notions qui s’élèvent spontanément en regard de l’observation pure, qui se réalisent avec les faits qu’elles embrassent, mais qui n’en découlent pas ainsi que d’une source unique. Nous la définirons d’un mot, en disant qu’elle est la science des lois générales qui régissent la maladie, ou encore, en donnant au sujet ses véritables proportions, la science des lois nécessaires de la vie et de la maladie.

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