‹ Principes de pathologie généraleChapitre 26 sur 180 · XXX · texte numérisé non relu

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La vue de ces dérèglements renaissant d âge en âge et sous les formes les plus variées, a conduit quelques médecins, impatients du joug des systèmes, à refuser l’évidence même, à repousser ces rapports nécessaires de la vie et de la maladie, à contester cette dépendance du mode envers l’essence, à nier que la vie ne contint dans ses lois premières les lois premières de la maladie. On crut satisfaire à la haine des fausses interprétations, en rejetant d’une manière absolue le fait qui y donnait lieu. Radicale méthode pour ne plus interpréter à faux. Telle fut l’origine de l’empirisme et des sectes médicales qui s’y rapportent. Les empiriques voulurent constituer la médecine comme science et comme art, sans monter d’un degré au-dessus de l'histoire même des maladies, prétendant que la pathologie se peut sullire en tout à elle-même ; que demander il la vie la raison d’ètre de la maladie, c’est mécon-

naître l’autonomie de la science des maladies, laquelle e6t entière, absolue. Il semble, dans ce milieu d'idées, que la maladie ne soit plus un mode, mais une essence, un être surajouté à un autre être et par nature indépendant de celui-ci. Dès lors la maladie doit, à elle seule, fournir son objet d’étude ; la vie est sa voisine, son support, le terrain de son développement, mais n’a rien à voir dans sa constitution intérieure. Les maladies sont des espèces essentielles, qui ont leurs coutumes, leurs allures propres, leur manière d’être, qu’il faut étudier comme on étudie une race, une espèce quelconque. Par opposition, le dogmatisme désignait la pensée de ceux qui prétendent qu’il faut dogmatiser en un ensemble supérieur la vie et la maladie ; qu’une même doctrine embrasse l’être et le mode ; que les faits morbides sont par-dessus tout des faits vitaux; que les lois souveraines de la vie sont nécessairement les lois souveraines de la maladie.

L’empirisme, que de nos jours quelques obscurs médecins ont voulu désigner sous le nom A' essentialisme ou doctrine de Ycssentialilé, a toujours eu sa tente dressée sur nos domaines. Que de praticiens, fatigués des longues disputes de l’école ou peu exercés à s’interroger sur le fond des choses et les rapports nécessaires des faits, sont empiriques, qu’ils se l’avouent ou non ! Ce vieux praticien dont nous parle Reveillé-Parise, qui, apprenant la chute du système de Broussais, s’écria : « Tant mieux ! il n’y aura plus de doctrine, ni bonne, ni mauvaise ! » ce vieux praticien était sans doute un empirique, et peut-être un clinicien sage et exercé. Et, en effet, nous devons en faire l’aveu, certains empiriques méritent de l’indulgence. Formés à la longue étude du malade, ils savent s’inspirer fidèlement des émotions et des besoins de la nature soutirante, et sont habiles à la seconder dans ses efforts médicateurs, à la ramener aux saines tendances lorsqu’elle s’en éloigne. Ces médecins obéissent d’instinct aux vérités supérieures de la science, sans pouvoir les exprimer en un langage approprié; ils les sentent,

RAPPORTS DES LOIS NÉCESSAIRES DE LA VIE ET DE LA MALADIE. 55 la formule seule leur échappe. Us sont empiriques, non par doctrine, mais par impuissance à produire au dehors les raisons de leurs déterminations pratiques, à exposer les rapports primordiaux des faits morbides.

Mais il en est d’autres qui n’ont pas ces tournures d’esprit faciles et modestes ; qui veulent rester dans l’empirisme, mais en en faisant une affirmation, un dogme. Ceux-là ne laissent pas dans l’omhre, ils nient les rapports dont nous montrions ci-dessus l’évidence et la nécessité. Ils constituent l'empirisme en système,

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