CHAPITRE III
DE LA VIE
Orpanicitme. — Chimisme. — Systèmes fondés sur les propriétés vitales. — Animisme. — Double dynamisme. — Doctrine du vitalisme.
§ XXX vu.
Les interprétations émises sur la vie sont si diverses, et ont exercé une telle influence sur la direction de la médecine, qu’il n’est plus possible aujourd’hui de se borner à une exposition sèche et nue de ce qu’on croit être la vérité surce sujet. 11 faut défendre cette vérité contre les contradictions amassées autour d’elle par les faiblesses ou les audaces de l’esprit humain; il faut, par une critique attentive, éclairer peu à peu une scène où les ténèbres se sont lentement accumulées, et y dégager l’image de la vie dans sa féconde simplicité.
Nous ne pouvons, cependant, discuter toutes les assertions particulières qui se sont produites. Le nombre en est beaucoup trop grand ; d’ailleurs, elles diffèrent souvent par des variations de peu d’importance. Nous nous limiterons donc à l’examen des principales opinions, de celles qui ont qualité de type, et sous lesquelles se rangent les vues accessoires.
Nous pourrions employer un mode de discussion vague et impersonnel : résumer les affirmations systématiques diverses, les abstraire en quelque sorte du temps, des lieux où elles se sont produites, de l’auteur qui les a formulées, et présenter une réfutation générale de ces opinions anonymes. Cette manière de faire serait aisée, mais aussi moins précise et moins
instructive. Nous aborderons donc directement les expositions systématiques particulières; et, comme nous voulons demeurer au milieu des difficultés actuelles, pour les résoudre dans la forme que la science moderne leur a imposée, nous choisirons, de préférence, les expositions les plus récentes qui auront été proposées. Nous espérons ainsi être mieux compris et plus utile.
L’ordre que nous suivrons dans celte élude de la vie ne se réglera pas sur l’ordre d’apparition des idées. La vie est notre but ; nous voulons y marcher progressivement, pour l’atteindre d’aussi prés que possible. Nous nous placerons donc au début aussi loin que nous y contraignent les systèmes, et nous commencerons par le plus éloigné, par celui qui nous semble le plus étranger aux notions réelles de vie.
L’organicisme devient, dés lors, le premier système à considérer; il n’en est pas qui méconnaisse plus absolument les lois essentielles de la vie. Nous aborderons successivement des expressions doctrinales de plus en plus voisines du vrai, nous rapprochant avec elles du but que nous poursuivons. Nous terminerons, enfin , en exposant dans ses dogmes essentiels, le vitalisme réel, c’est- fi-d ire , une doctrine de la vie qui embrasse les réalités vivantes de l’économie, qui en pénètre les profondeurs organiques toujours émues et réagissantes, qui donne la raison de l’activité et de l’évolution vitale, dans son unité, comme dans ses développements infiniment variés.