S XXXV
OrjtMnleliarai».
Qu’est la vie au sens de l’organicisme? Nous emprunterons la réponse au livre si connu de M. le professeur Rostan • Ea position des principes de l'onjanieisme , Nous résumerons et cependant citerons textuellement cet important exposé :
( La vie n’est que l’ensemble, la série des fonctions ; mais
UK LA VI K.
les fonctions sont sous la dépendance des organes , car elles ne peuvent précéder les organes, un efl'et ne précédant jamais sa cause. Les fondions ne sont donc qu'une conséquence de la disposition organique. De même la vie ne peut précéder l'organisation, et résulte de cette organisation. La vie n’est autre chose que la disposition organique nécessaire au mouvement. Nous recevons cette disposition en naissant. La machine est alors montée ; elle marche jusqu'à ce qu’elle s’altère d’une manière naturelle ou accidentelle. Lorsqu’un corps organisé existe sans la vie, c’est que la disposition organique nécessaire . à l’exercice des fonctions a subi quelques dérangements. Ainsi la vie n’est pas un être à part, existant par lui-même, comme l’électricité, le calorique, etc., qui sc surajoute aux corps organisés, qui les imprègne, les pénètre et enfin les anime elle n’est que le résultat do l’arrangement moléculaire. Dés le premier instant de la coueeption, l’embryon reçoit, avec son organisation, la nécessité de son évolution ultérieure. L’horloge, une fois montée, parcourt ses phases pendant un temps déterminé, huit, quinze jours, un mois, suivant sa disposition organique, c’est-à-dire, suivant l’arrangement de ses ressort*.
Il n’est pas besoin d’admettre un nisus formativus, un vis imita. Le Tout-Puissant, en créant l’homme, lui a donné l’impulsion. C’est l’horloger qui a construit 1 horloge, et en la montant lui a donné le pouvoir de parcourir des phases successives, pendant un temps plus ou moins long. Maisce pouvoir n’est autre que celui du mécanisme. Ce n’est pas une propriété à part, une qualité surajoutée, c'est la machine montée.
» Celte conception de la vie n'accepte donc rien qui ne soit un effet de l’organisation. Elle ne saurait reconnaître l’existence de propriétés vitales, de forees vitales qui .fussent la cause, le principe de l’organisation, une essence et un principe à part. C’est par erreur, par une fausse interprétation que l'on s’est appuyé de l'exemple des physiciens pour établir et défendre ces prétendues forces et propriétés. La gravitation existe-t-elle
là où il n’y a pas de corps pour graviter? Oui l’a vue, qui l’a démontrée ? Où est-elle? Si la gravitation ne peut exister sans les corps, n’est-il pas évident que cette gravitation n'est autre chose qu’une propriété de ces corps, propriété inhérente et dépendante de leur disposition intime? Il en est de même de l’affinité chimique, de l’attraction moléculaire, de l’élasticité. Ces propriétés des corps ne sont que le résultat de leur composition intime ; les différences qui existent entre ce s propriétés ne peuvent dépendre que de l’arrangement moléculaire. Quant au calorique et à l’électricité qui se surajoutent aux corps et qui existent par eux-mêmes, ce sont de véritables corps, doués de leurs propriétés particulières, et qui modifient les propriétés des autres corps. Si les lois physiques qui président aux corps inorganiques diffèrent immensément des prétendues propriétés vitales qui président aux corps organisés, cela tient uniquement à la différence de composition qui sépare ces corps les uns des autres. Si les lois physiques sont plus simples que les lois vitales, c’est que les êtres anorganiques étant d’une composition plus simple, doivent produire des phénomènes moins compliqués. Si l’on pouvait séparer les propriétés vitales des corps organisés, les recueillir, les faire voir en dehors de l’organisation , elles seraient alors autre chose que cette organisation. Mais on ne peut les séparer des corps qui en jouissent. Tous les actes vitaux dépendent, en définitive, de l’organisation. Ces actes sont un résultat, un effet, et non une cause, un principe, une loi, une force. »