‹ Principes de pathologie généraleChapitre 35 sur 180 · S XLI · texte numérisé non relu

S XLI

L’organicisme prétend qu’on interprète à faux l’exemple des physiciens, pour établir et défendre les forces et propriétés vitales, et il reproduit en physique les mêmes procédés d’argumentation. L’attraction moléculaire des corps, au dire du système, n’existe pas sans les molécules qui s’attirent, donc elle résulte de l’arrangement de ces molécules; et les corps existent non en vertu de forces qui les constituent, mais en vertu de l’arrangement des molécules, seule cause de l’attraction moléculaire, de la prétendue force constituante. Si nous voulions émettre un raisonnement tout aussi mauvais, mais exactement semblable, nous dirions : Les corps cl les molécules

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n’existent pas sans s’allirer, sans produira une attraclion, donc les corps et les molécules résultent de l’attraction. Que répondre à ce raisonnement, dans lequel l’attraction devient cause, qui ne s’applique au raisonnement inverse dans lequel elle est résultat? Tous les deux pêchent par la base : rien ne prouve que parce que deux manifestations coexistent nécessairement, l'une doive être la cause de l'autre, La molécule est aussi nécessaire à l’attraction pour que celle-ci se manifeste, que rattraction est nécessaire à la molécule pour la constitution même de la molécule.

Si néanmoins il fallait déterminer de quel côté pourrait surgir la notion de cause ; laquelle de la molécule ou de l’attraction, considérées indépendamment l’une de l’autre, demeure quelque chose et ne peut jamais se confondre avec l’idée de résultat, nous répondrions sans hésitation, l’attraction, c’est-à-dire la force, la cause en soi. L’attraction, la cause en soi, quoique non déterminée, subsiste pourtant en puissance, demeure concevable comme idée, comme affirmation ; l’apparence phénoménale lui manque, une sorte de réalité, une réalité inaccessible lui reste. Mais le corps et la molécule que deviennent-ils sans attraction, sans force intérieure pour les constituer, pour leur donner l’ctre et l’apparence ellemême? Le peut-on seulement imaginer? Non! quelque effort que l’on tente, on n’arrivera jamais à concevoir un corps, une molécule se constituant par eux-inèmes, c’est-à-dire sans force constituante. Il faut que la force anime et pénétre le corps de la molécule, et cela à l'infini, jusqu’au delà de toute division concevable, pour que ce corps et celte molécule échappent à une divisibilité sans termes. Si la force s’arrêtait à un point dans la pénétration du corps et de la molécule, ce point, si profondément reculé qu'on voudra le supposer, n’échapperait pas à une irrésistible division, à une dissolution sans fin. Ce point équivaudrait au néant, il ne serait rien de saisissable et de constitué. La force, l'attraction moléculaire est nécessaire

DE DA VIE

à la molécule pour que celle-ci soit ; elle ne saurait donc résulter de la molécule elle-même. La force, l'attraction est la partie active et constituante ; elle ne saurait découler de la partie passive et constituée.

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