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11 faut donc, sans pitié, bannir le mot résultat de la place que l’organicisme avait prétendu lui assigner à la tête de la médecine philosophique. En quelque science que ce soit, ce mot ne pourra jamais devenir l’origine même de la science, ni fournir la notion première du sujetde la science. Le mot résultat implique toujours une existence, une action antécédentes ; et cette existence, cette action deviennent, dès lors, le sujet réel, le fondement même de la science.
Cette vérité est, de soi, si évidente et si nécessaire, qu’elle se retrouve avouée, par une heureuse contradiction, de ceux mêmes qui la méconnaissent. Les caractères essentiels de la vie
DE LA VIE
reparaissent, quoi qu’on en ait. On part de la vie résultat, fait physique, et l’on aboutit à la vie cause, fait vital. On ne peut concevoir longtemps la plus imparfaite médecine en dehors des manifestations propres de la vie et des spontanéités qu’elles révèlent ; on ne peut soutenir, dans la longue suite des faits pathologiques, une science et une thérapeutique toujours mécanique et chimique ; il s’ensuit que l’on renie en pratique et dans les conséquences, ce que l’on affirmait en principe. On affirmait que la vie n’est qu’un résultat, qu’elle n’est rien par elle-même -, et bientôt, en fait, on reconnaît des actes que la vie, force propre, peut seule réaliser , on avoue que les forces physiques ne peuvent tout expliquer. Si même on voulait peser, d’après le propre dire de l’organicisme, les actes que d’un côté on prétend expliquer par les forces physiques, et d’un autre, ceux que l’on reconnaît ne pas pouvoir être expliqués de la sorte, on verrait aussitôt que les premiers se réduisent à une intime minorité, sans compter que l’explication de ce petit nombre d’actes est contestable ou fausse ; et que les seconds sont de beaucoup les plus nombreux. Il suffit de rappeler la seule sensibilité, cette faculté caractéristique de l’être vivant, et de mesurer quel nombre immense de faits et d’actes vitaux elle suscite ; d’estimer son intervention dans l’ensemble des phénomènes organiques, depuis le plus obscur, le plus restreint, jusqu’au plus général, jusqu’à celui qui s’accompagne des synergies les plus étendues. L’organicisme voit et touche ces faits, et cependant il parle comme s’ils n’existaient pas ; il répète, sans hésiter : La vie n’est qu’un résultat, la vie n’est rien et ne produit rien par elle-même! Constance surprenante d’affirmation qui n’a d’égale que l’inconséquence en application.