LXII
11 est enfin un autre caractère commun à toutes les interprétations sensualisles, c’est de ne conduire, par elles-mêmes, à rien touchant les lois du développement organique, touchant le but de cet ensemble ordonné d’actes qui est la vie elle-même. Qu’est, en effet, la vie sans une fin assignée à ses périodes diverses, sans une règle qui commande son activité, qui s’identifie avec elle, et devient son activité dirigée et non livrée
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au hasard dans le temps et l’espace? Cet ordre supérieur, pari intégrante de l’essence vitale, n’est-il pas le fait le plus saillant de celle succession de phénomènes et actes vitaux? L’observation en révélant cet ordre et ce but ne fait que confirmer ce que les iois de la raison établissaient à priori. La vie, activité nécessaire, a, par cela seul, un but nécessaire aussi, qu’on le perçoive ou qu’il demeure caché; car, si ce but nécessaire manquait, cette activité permanente se mouvrait au hasard, elle serait la négation de l’ordre universel, le trouble incessant et destructeur de l’harmonie générale ; elle ne saurait répondre qu’au chaos, la plus impossible des fictions. Quelle est cette fin nécessaire de la vie? Nous l’examinerons plus tard ; pour le moment, il nous suffit d’établir qu’elle existe; et, en même temps que dans tous les systèmes que nous avons étudiés jusqu'à présent, dans le mécanicisme le plus savant comme dans le physiologisme le plus analytique, rien ne trahit une pensée, un aperçu lointain sur celle question capitale. L’incitabilité ou l’irritabilité, ou les propriétés vitales de Bichat, ou le chimisme le plus subtil, ne nous laissent nullement entrevoir où marche la vie, où conduit l’enchaînement des actes vitaux, quelles sont la règle et la fin suprême de l’évolution organique. Ce fait est à noter, et nous montre, une fois de plus, l’étroitesse de toutes ces hypothèses.