‹ Principes de pathologie généraleChapitre 49 sur 180 · LXVJ · texte numérisé non relu

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Bordeu, homme à imagination ardente et créatrice, vitaliste d’instinct et médecin ému par la nature, suivit Stahl qui, par l’àme, avait relevé , quoique en la déplaçant, l’activité vitale, l’unité de l’etre et la notion de résistance, de conservation et de fin, qui se lit au fond de tant de fonctions et d’actes organiques. Mais il comprit que celte àme, par sa nature, était trop éloignée de l’organisme, et lui demeurait comme étrangère tout en le gouvernant; que l’organisme, d’un autre côté, paraissait trop inférieur au principe simple, et que le vitaliser un peu rendrait le rapprochement plus facile. Bordeu donc, sans trop s’inquiéter de sévérité philosophique, admit des propriétés primitives, la sensibilité et la mobilité ; il les considéra comme purement vitales, inhérentes à la fibre animale, caractéristiques de la matière vivante, et la distinguant de la morte.

« Lamure et Venel, dit-il, savent que notre sensibilité et mobilité inhérentes à l’élément de l’animalité, et éclairées ou enrichies dans l’homme par la présence de l’àmc spirituelle ou immortelle, prit naissance des disputes de Fixes et de Sauvages. » L’âme n’intervenait sur l’organisme que par l’intermédiaire de ces propriétés ; elle ne faisait que prêter à celles-ci sa netteté et sa vivacité de perception, et par ce moyen, dirigeait l’organisme à la résistance contre les causes de destruction, et à la conservation. Bordeu rattachait ainsi à la physiologie, à l’étude directe de l’organisation, aux conditions anatomiques, les idées à l’excès métaphysique de Stahl et les rendait par là plus inti-

DK LA VIE.

rncment médicales. Aussi pénétra-t-il dans l’idée de vie et de maladie plus avant que ceux de son temps, quoique confusément et à travers toutes sortes d’images. 11 ne doua pas seulement les organes du sentiment et du mouvement général, il alla plus loin et vit qu’ils jouissent d’une vie propre; qu’ils s’établissent d’abord en départements plus ou moins étendus, pour ensuite constituer l’unité vivante. 11 descendit ainsi dans J’élude infiniment délicate et variée de la vie et de ses formes, et avec un vif sentiment de réalité que ses contemporains ne comprirent guère.

La formule de Hordeu, cependant, ne supporte pas une discussion trop approfondie, et lui-même n’a pas prétendu sans doute lui attribuer une valeur dogmatique absolue. Que sont la sensibilité et la motilité en présence de l’âme, ce principe premier de toute vitalité? Réduites à n’ètre que de simples propriétés, elles ne sont qu’un mot, et c’est l’âme toujours qui sent et provoque le mouvement à travers une organisation douée de propriétés spéciales, mais qui ne trouvent leur raison d’être et leur mise en exercice que dans l’âme seule. L’organisation et ses propriétés par quelle force seraient-elles façonnées; et qui pourrait découvrir ces propriétés dans une organisation que l’âme n’animerait pas? L’animisme pur se trouve donc l’aboutissant de ces conceptions, et les propriétés vitales ne sont autres que des modalités particulières d’action de l’âme pensante. Faut-il admettre, au contraire, avec un élève de Bordeu, Fouquet, que cette sensibilité et cette motilité sont un principe sentant, et se mouvunt en soi, une Ame corporelle ; que deux contraires, l’âme et le corps, ne peuvent être associés que par un milieu, l’âme sensitive; que cette âme peut être considérée comme la silique de lame raisonnable? Dans ces cas, l’hypothèse de Bordeu rentre dans celle du double dynamisme, dont nous allons aborder l’examen.

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