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L’analyse des faits, la comparaison des phénomènes, une classification plus ou moins heureuse des existences naturelles et des fonctions organiques, ne conduiront jamais à l’idée philosophique et réelle de la vie. Ces recherches, dépouillées de toute idée synthétique, de tout élément causal et nécessaire, peuvent fonder une certaine connaissance historique, entièrement extérieure et limitée à l’apparence brute, mais non une connaissance intérieure, assise sur des jugements et louchant aux réalités fondamentales de l’élre. Nous avons établi quelles lois nécessaires soutiennent et constituent l'universalité des choses. Nous savons que toute existence, comme toute connaissance vraie, repose invariablement sur
la força, la cause, l’infini qui se réalisent sans fin dans le composé qu’ils créent et pénètrent, et sur le composé, l’effet, le divisible, le fini qui trouvent une réalisation par la force et la cause. Une existence, sans force pour la constituer, se perdrait, si elle était possible, en une série de phénomènes que rien ne relierait, qui ne porteraient en eux aucune raison d’être; elle s’évanouirait en images vides, et sans offrir prise à aucune connaissance positive. D’autre part, une existence qu’on ne jugerait que sur la force qui l’anime, sans étudier les conditions phénoménales, sensibles, par lesquelles cette force se traduit et se développe, s’immobiliserait en un principe indéterminé, privé de tout mouvement ; ne se dégagerait du sein de l’être en général, par aucune réalisation spéciale, et ne saurait être que l’insaisissable objet d’une errante contemplation. Telle est la double condition de force et de composé, nécessaire à la constitution de l’être, de la substance. Nous n’avons qu’à ne la jamais perdre de vue, et à appliquer à la vie, modalité de la substance en soi, être déterminé, ces conditions essentielles de tout être.
En vertu de ces principes, la vie, comme toute existence ou substance, comprend nécessairement une force et la réalisation à l’infini de cette force, un élément simple substantialisé sans fin par le composé, une cause et l’effet ou phénomène qui la traduit au dehors sans relâche, une unité se développant en une pluralité incessante, une activité évoluant en une chaîne continue d’effets.
Mais la vie est un mode spécial d’existence : il faut donc spécialiser la force et le composé qui la constituent. La force, élément actif et constituant, nous l’appellerons vitale , pour la spécialiser aussi directement et aussi simplement que possible. Le composé réalisé par la force et la réalisant est Y organisme, dont les conditions générales de structure reçoivent à leur tour le nom d’organisation.
Organisme, organisation, représentent donc essentiellement