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la vio. Dès que la vie disparaît, il y a un cadavre et non une organisation, ni un organisme. Ces derniers ne sont pas ce qui a vécu, mais ce qui vit. En science biologique, c’est cependant une erreur répandue que de considérer comme étant encore un organisme, comme offrant une organisation, des corps où la vie est éteinte, tant qu’une décomposition complète n’en a pas dissocié les éléments. MM. Robin et Verdeil, par exemple, appellent organisme ou organisation, ce qui vit ou a vécu. M. Gintrac sépare aussi l’organisation de la vie : « Dans un cadavre, dit-il, il n’y a que l’organisation ; dans un être vivant il y a l’organisation, et de plus le dynamisme ou la vie.... L’organisation et la vie sont comme deux lignes parallèles qui ont commencé à peu près en même temps, mais qui finissent l’une après l’autre. La vie s’éteignant la première, l’organisation demeure seule, l’n être organisé peut donc se trouver dans l’un uu l’autre de ces deux états, avec ou sans coïncidence de la vie. » Ainsi, la vie est une simple coïncidence ! On met hardiment le multiple en dehors de l’unité active qui l’engendre ; on isole la réalisation de la force d’avec la force réalisante, et l’on avoue que la première peut persister sans la seconde ! On range sous un même nom deux êtres que tout sépare ; l’un qui est la vie incarnée, l’autre où rien de la vie n’apparait, et qui appartient en entier à l’ordre physique. Il semble que ce ne soient plus les lois essentielles qui régissent et caractérisent les choses, mais de vaines ressemblances extérieures. Qu’un sensualisme conséquent appelle indifféremment organisme, organisation, l’être qui sent et se meut devant nous, et celui qui ni ne sent, ni n’obéit à la vie, soit : mais que des médecins qui reconnaissent à la vie des lois propres, s’v trompent, et sacrifient à leur insu leurs convictions, rien de plus étrange, et pourtant de plus commun. Au reste, l’idée ontologique qui règne depuis si longtemps parmi nous, et que tant confondent encore avec l’idée vitaliste, portait en elle ces aberrations. Cette idée représente en effet un organisme ou une organisation, comme une
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machine à peu près indépendante, et à laquelle manque seulement un moteur pour entrer en action : conception de la vie, toute mécanique et fausse. Non, organisme et organisation ne seront jamais celte matière immobile, ou que les affinités chimiques seules remuent. Ce sont des corps qui se transforment, se renouvellent, s’engendrent incessamment par la vie; ils sont la vie elle-même, se manifestant à nous dans son œuvre essentielle, par une évolution sans repos, car le repos, pour elle, c’estlenon être, c’est l’extinction même. Ce qui a vécu, qu’estce donc'? Un cadavre, je le répète; c’est-à-dire, la forme éphémère d’un passé vivant, mais forme inanimée, tombée sans retour dans le domaine physique, et pas plus organisée qu’elle n’est vivante.
L’élément simple et causal de la vie, dont l’existence nous est acquise, est-il un ou est-il multiple? autrement dit, doit-on admettre dans l’organisme une ou plusieurs forces vitales? C’est demander si la vie est une, s’il est un moi vivant, ou si en nous il y a plusieurs êtres plus ou moins associés, plusieurs vies indépendantes, et, dans leur essence, étrangères les unes aux autres; si, dans un organisme apparent, il y a, en réalité, plusieurs organismes sans aucun rapport de vie commune entre eux. 11 n’est pas besoin d’une longue analyse pour proclamer le premier dogme de la science, l’unité vitale. Un seul regard jeté sur les conditions les plus frappantes de l’organisme et de la vie suffit pour le reconnaître ; aussi cette vérité est-elle du domaine vulgaire. L’organisme n’est pas une juxtaposition ni une somme d’organes et de fonctions, mais une profonde unité organique et fonctionnelle; il a par la sensibilité le sentiment invincible de son moi, de son indivisibilité vivante ; c’est le fond et la raison de tout notre être.
Le médecin ne doit pas se borner à sentir celte vérité dans son affirmation générale; il doit la poursuivre dans son