‹ Principes de pathologie généraleChapitre 58 sur 180 · LXVIII · texte numérisé non relu

LXVIII

La vie ainsi réalisée à l’infini dans l’organisme n’y demeure pas immobile et inféconde. L'élément simple, causal, est actif

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de son essence ; il csl l’nrti vitf* même, cl c’esi relie activité, retle unité, celte force qui par son développement nécessaire, engendre de soi le multiple et le phénomène. De même la vie est incessamment active. C’est un de ses grands caractères. Cette activité qui est l’unité agissante, pénétre comme l’unité, les profondeurs moléculaires de la matière vivante. Elle y constitue la vie par une fonction générale, par une action commune, sous la dépendance de laquelle s’accomplissent toutes les fonctions de l’être. Cette fonction consiste dans la formation et l’évolution de tout élément organique; c’est la génération continue de la matière organisée. L’activité essentielle, primordiale de la vie, réside dans la nutrition intime des tissus, dans une assimilation vitale toujours en travail. C’est là l’activité vitale commune, la force plastique ou organisatrice. Elle agile spontanément jusqu’à la dernière molécule vivante, la crée par l’assimilation de molécules étrangères qu’elle élève peu à peu à la vitalité, transforme sans cesse ces molécules amenées à elle, les conduit d’évolution en évolution, jusqu’à ce (pie, les ayant entraînées au terme dernier, elle les rende au monde inorganique d’où elles proviennent, et les remplace en puisant dans ce monde des éléments nouveaux qu’elle vitalise à leur tour, et ainsi sans repos. C’est ce qu’on exprime en disant des êtres vivants, qu’ils croissent par intussuserption, en opposition aux autres corps qui croissent par juxtaposition. Dans les premiers, il y a accroissement par la seule action intérieure de l’être qui croit, et nullement par action de la substance extérieure qui va servir à l’accroissement; ou du moins celle-ci ne sert que de stimulant à la première. La matière extérieure ne peut directement faire partie du corps organisé; elle doit, au préalable, être conquise, transformée par lui, subir une appropriation progressive opérée par la force nouvelle, par la vie dont elle approche. La force vitale gagne par degrés ce composé naguère étranger, l’imprègne et le fait naître à une nature, à une organisation supérieure. L’inlus-

I>E LA VIE

susceplion est alors accomplie. La juxtaposition, au contraire, s’opère aussi bien par l'action de la substance qui est acquise, que par l’action de celle qui acquiert. Le juxtaposé est aussi actif et de même nature que le juxtaposant ; ou mieux, rien ne sépare l’un do l’autre; aucun n’acquiert ni n’est acquis ; tous deux s'unissent en vertu des mêmes forces et des mêmes lois ; il y a rapprochement et union par une action mutuelle et identique.

Lorsque le double mouvement d’intussusceplion et de déperdition s’arrête, la vie cesse, et l’organisme appartient aussitôt aux seules forces physiques. Ce n’est plus dès lors un organisme, et c’est par abus de mots ou confusion d’idées qu’on lui conserve ce nom. Incessante composition organique et décomposition parallèle, telle est la fonction permanente de la vie; à ce point de vue, la vie est une création et à la fois une mort continues.

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