‹ Principes de pathologie généraleChapitre 60 sur 180 · LXXI · texte numérisé non relu

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La vie est liée à lu teire et à la poussière par des rapporte obligés '• ces rapports sont une occasion d’impressions et de déterminations vitales; ils touchent, comme condition exté-

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rieure, à l’origine même de l’acle. M.iis le monde physique lie se rencontre pas seulement au point de départ; il apparaît aussi au point d’arrivée; il est l’aboutissant des actes vitaux. Au moment où ceux-ci ont atteint leur entier développement , où le but qui leur est propre est rempli, ils se résolvent en phénomènes physiques et sortent de l’ordre vital pour rentrer dans l’ordre inorganique. Nous avons déjà vu l’image frappante de cette loi dans le mouvement de composition et de décomposition que soutient la vie. La vie attire sans cesse à elle du milieu inorganique et sans cesse lui rend. Les transformations organiques ne s’interrompent jamais : les molécules étrangères sont peu à peu conquises à la vie ; vivantes, leur évolution ne s’arrête pas; elle se continue par une série nouvelle de transformations qui, lentement, les séparent de la vie, et aboutit enfin à leur élimination définitive, à leur retour dans le milieu physique.

Ce passage du monde extérieur à la vie et de la vie au monde extérieur, est une loi que l’on doit étendre et généraliser. Nous la formulerons ainsi : toute action vitale, toute évolution fonctionnelle, toute modification organique correspond à son origine avec le monde extérieur, s’émeut à ce contact étranger, s’opère et se développe en entier dans le monde intérieur ou vivant, et aboutit de nouveau à un fait qui relève de l’ordre physique. Puiser au dehors et sans relâche des éléments d’activité, des conditions de fonction, des matériaux de nutrition, pour amener à la vie ces éléments, ces conditions extérieures, ces matériaux , et puis les restituer sous forme de phénomènes physiques ou chimiques, de composés abandonnés de la vie; tel est le cours obligé du travail organique que dirige la vie, tel est le rapport de la vie avec le monde extérieur. « Tout fait organique, dit encore M. Pidoux, vital à son origine, dans son milieu jusqu’à sa fin, aboutit ou conclut pourtant à un phénomène extérieur ou à un elfet, qui, destiné à se mettre en rapport avec un fait physique ou chimique du monde ambiant, offre et doit ollrir les caractères propres aux faits de cet ordre.

DE LA VIE

Ce rapport est d’une simplicité divine, et le savant s’alamhique l’esprit pour en trouver un plus beau. »

11 n’est pas une fonction, une part, c’est-à-dire un moment «le fonction, qui ne présente ce terme identique, à savoir, le monde extérieur au double point du départ et de l’arrivée. 11 suffit d’y regarder sans prévention pour l’y saisir clairement. En effet, que l’on dissocie, pour l’analyser, une fonction, qu’on l’enlève au tout vivant, la première affaire sera de déterminer un point de départ à cette analyse, un premier commencement à cette fonction. Cette détermination sera nécessairement arbitraire, car une fonction, quelle qu’elle soit, étant en réalité l’évolution du tout considérée sous une modalité spéciale, n’a d’autre commencement que l’évolution organique elle-même. Or, le commencement arbitraire , le premier instant choisi pour l’application analytique, nous offre une constitution tonte physique et chimique : la fonction, en effet, pour être envisagée à ce moment, est séparée de ce qui lui apporte la vie ; elle est morte; et comme telle les forces physico-chimiques en rendent compte. On la ranime ensuite d’une manière factice, on la replace dans le torrent vivant; dès lors c’est bien la fonction réelle que l’on étudie, c’est une vraie modalité vitale que l’on observe. On conduit cette étude jusqu’au bout, ou on l’arrête arbitrairement à un autre moment. Dans l’un comme dans l’autre cas, le monde physique réparait; en l’analysant à ce point nouveau, en comparant les résultats de cette dernière analyse avec ceux de la première, on saisit la série des transformations organiques qui ont servi de support à la fonction ; on apprécie indirectement par là le mode de l’activité fonctionnelle. On n’obtient pas ainsi la raison même de cette activité fonctionnelle, mais on juge des effets qu’elle crée, de l’instrument qu’elle se façonne incessamment. C’est le travail fécond que M. Pidoux caractérisait par ces mots : « n'intervenir qu’avant et après l’intussusception ou à côté d’elle. » L’application soutenue de la loi que nous venons d’exposer.

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transformerait, nous ne craignons pas de le dire, la physiologie tout entière. Elle détruirait ces communes illusions qui s’imaginent toucher à la vie et la connaître, alors qu’on ne touche qu’à des conditions inorganiques, voisines d’elle, mailui demeurant étrangères. Une physiologie vitaliste, où l’analyse fonctionnelle sera soumise aux lois synthétiques de la vie, est l'œuvre future et régénératrice de notre science.

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