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Les synergies et les sympathies organiques se conçoivent par cette même soumission de toutes les vies particulières h l’unité vivante, et par cette expansion de la vie particulière dans la vie du tout. Les synergies expriment le concours de forces et de mouvements organiques divers vers un but déterminé, vers l’accomplissement d’une fonction spéciale. Cette fonction, pour s’accomplir, fait comme un appel à d’autres activités que celles qui lui sont propres, et celles-ci se mettent en jeu pour servir à une œuvre qui leur est en quelque sorte étrangère. Ces activités, ces mouvements variés qui se règlent, qui s’harmonisent pour concourir à une seule fin, tous ces phénomènes synergiques, en un mot, qui peut les susciter et les ordonner, sinon cette âme de chaque fonction comme de la vie entière, l’unité vitale, qui inspire, anime chaque partie et la pousse au service commun ?

Les phénomènes sympathiques appartiennent à un autre ordre de rapports entre les diverses activités organiques. Lorsque l’excitation normale ou accidentelle d’un organe éveille l’excitation d’un ou de plusieurs autres organes plus ou moins éloignés du premier, on donne à cet éveil, au rapport qui s’établit entre les organes excités, le nom de sympathie. Il n’y a plus ici, comme dans les synergies, un concours à apporter, un but commun à atteindre. Les sympathies s’élèvent sans connivences fonctionnelles entre les phénomènes; elles ne sont, le plus ordinairement, qu’un obstacle à l’accomplissement des fonctions, qu’un trouble jeté dans l’harmonie

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vitale, que celle-ci soit physiologique et normale ou anomale et morbide. Dans la maladie surtout, les phénomènes sympathiques sont frequents, obscurcissent souvent les symptômes de l'affection réelle et deviennent parfois une complication fâcheuse. Les synergies, au contraire, sont presque toujours favorables, aident aux fonctions entravées, tendent à rétablir l’équilibre ébranlé, à surmonter les troubles nerveux.

Comment s’effectuent les sympathies? Pour en rendre compte, l’organicisme s’est demandé quels étaient les agents de la transmission sympathique, et a répondu par des explications déduites d’une anatomie mécanique; il a cherché entre les organes, siège prétendu de la sympathie, un intermédiaire matériel, un moyen de communication qui expliquât le branle imprimé des uns aux autres. Les membranes étendues entre les organes, suivant Baglivi; le tissu cellulaire qui enveloppe toutes les parties de l’économie, suivant Bordeu ; le système nerveux, suivant Willis, Vieussens, Monro, Cullen, furent tour à tour invoqués pour raison de la transmission sympathique. Toutes ces opinions sont remplacées aujourd’hui par l’action réflexe de l’encéphale et de la moelle, action qui régit, croit-on, la plupart des phénomènes morbides et sympathiques. Mais pourquoi l’encéphale, à l’excitation de tel organe, répond-il par l’excitation de tel autre, alors que, dans l’encéphale, les nerfs qui transmettent la première excitation n’ont souvent aucun rapport de continuité ou de contiguïté avec les nerfs qui transmettent la seconde? Pourquoi les sympathies ne sontelles pas en rapport direct et constant avec la constitution anatomique du système nerveux? Pourquoi telle relation anatomique ne suscite-t-elle pas la sympathie qui légitimement devrait lui correspondre? Pourquoi les phénomènes sympathiques varient-ils suivant les individus, absents chez les uns, très intenses chez les autres, multiples chez ceux-ci, isolés chez ceux-là ; alors cependant que les conditions anatomiques de l’encéphale sont identiques et que les conditions physiolo-

giques <»u morbides paraissent semblables? Pourquoi, chez le même individu, les sympathies varient-elles d’un instant à I autre, tombent-elles ou se reveillenl-elles sans que les organes affectés présentent des modifications équivalentes? Pourquoi et comment cette action réflexe dans ces cas? Pourquoi ce silence dans les autres? C’est qu’il est quelque chose qui domine à la fois, et l’organe qui envoie la sympathie, pars mandons, et celui qui la reçoit, pars recipiens , et l’encéphale qui la transmet ; c’est qu’au-dessus et comme raison de tous les appareils et de toutes les tondions, il y a ce que l’organicisme ne sait jamais invoquer, la vie, la force, l’unité vitale.

Tout s’explique sans mystère, sans action occulte, en s’adressant à ce moteur premier, à cette cause génératrice de tous les phénomènes vitaux. L’excitation d’un organe ou d’une modalité vitale particulière, retentit dans l’unité vitale, source de toutes les vies organiques; et l’unité répond, suivant sa nature et suivant l’impression qu’elle a reçue, par l’excitation de tel ou tel autre organe, proche ou éloigné du premier, en rapport de fonction avec lui ou complètement étranger à sa sphère fonctionnelle. La sympathie est produite et n’a rien de plus singulier, rien de plus inexplicable que tout autre consensus organique, que toute autre réaction générale ou limitée. La notion de force et d’unité écarte les confusions et répand la lumière sur les prétendues obscurités qui enveloppent ces phénomènes. Elle nous explique comment les svmpathies sont facilement éveillées et puissantes chez l’enfant et l’adulte, affaiblies chez les vieillards, presque nulles sur les organismes profondément débilités : caractères qui appartiennent également aux synergies. L’unité vitale, fonds commun des sympathies et des synergies, n’esl-elle pas, en effet, à son summum d intensité chez 1 enfant, ne se maintient-elle pas énergique dans l’âge adulte, n’est-elk pas amoindrie chez l’homme âgé, et presque éteinte dans les organismes profondément affaiblis par la sénilité, les maladies ou la misère? Les sympathies et

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les synergies sont ainsi abondantes ou taries à leur source même.

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