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Incessamment active, spontanée, soutenue par le monde extérieur, mais tirant d’elle toutes ses déterminations, n’acceptant pas le mouvement communiqué, mais l’engendrant en elle, une et se développant en facultés diverses, la force qui anime et organise l’être vivant se produit encore sous d’autres aspects qui continuent à l’éloigner du système des forces mécaniques, et nous la montrent essentiellement autonome, souveraine législatrice d’un monde nouveau. Parmi ces caractères, nous allons indiquer ceux que le médecin rencontre chaque jour, et qui éclairent, non-seulement la vie régulière, mais encore la vie troublée et réagissante.

La force vitale n’est pas fixe dans son intensité et dans son action : soit qu’on la considère en particulier et dans l’organisme qui lui est afférent, soit qu’on la considère en général et dans ses rapports avec les organismes divers.

La vie, en effet, et ses facultés ne sont pas stables de leur nature, ne demeurent pas dans le même état sur un même organisme ; elles varient souvent d’un instant à l'autre, alors même que les conditions matérielles de l’organisme n’ont pas physiquement changé. La vie peut être plus énergique ou plus faible, agissante ou déprimée, suivant les impressions qui agissent sur die, quels que soient la source et le mode de ces impressions. Elle a ses moments changeants, ses temps de vigueur et de faiblesse, de liberté et d’accablement. L’agrégat matériel qui supporte ces moments ne se transforme pas en proportion. Il peut même paraître plus faible dans les moments d’énergie vitale, et plus fortement développé dans les moments de dépression de la vie. La convalescence et l’imminence des maladies en fournissent des exemples frappants. L’organisme du convalescent est, en apparence, débile et amaigri ; sa vitalité offre un surcroît d’énergie, lorsque la convalescence est franche. La maladie imminente opprime déjà la vie et la mine,

UE LA VIE

alors que l’éconumie semble souvent dans luute sa force. Que de fois, encore, dans le cours d’une vie, n’cst-on pas en une réaction, énergique quoique obscure, contre des impressions mauvaises, sorte de convalescence d’une maladie qui ne s’est pas développée ; que de fois, par contre, n’est-on pas sous l'influence de causes morbifiques qui n’atteignent pas tout leur effet, mais qui, plus ou moins ouvertement, pèsent sur l’économie, affaissent sa vitalité, tout en laissant l’éclat trompeur d’une apparente santé.

D’un organisme à l’autre, les différences deviennent plus tranchées. La force vitale y semble encore moins en rapport avec l’apparence organique qui la supporte. Souvent intense et comme inépuisable dans un organisme à proportions grêles, débile et promptement affaissée dans des corps à forme robuste, à volume considérable. 11 semble que ce soit primitivement et surtout en elle, que la force vitale trouve ses conditions de puissance ou de faiblesse, plutôt que dans l'agrégat qui n’est queson œuvre. Celui-ci donne le témoignage des facultés plastiques, du travail de composition et de décomposition accompli par la force, mais non de son activité entière, de son pouvoir de résistance, de ténacité et d’énergie fonctionnelle. La force vitale qui s’incarne dans la cellule fécondée, apparition, forme première d’un organisme, y entre avec toutes les qualités de puissance ou de débilité, qu’elle doit montrer durant toute l’évolution de la cellule, durant la vie entière de l'individu. Ces cellules primitives, qui pourrait les sonder, et dire au su de leur composition organique : celle-ci recèle une vie énergique, celle-là une vie sans souille et sans portée?

Seule entre toutes, la force vitale subit, en outre, l’influence de l’habitude : tout son système d’action peut en être modifié. Tel abus, telle activité fonctionnelle pervertie ou exagérée, telle impression mauvaise en soi, peuvent rester sans effets nuisibles, devenir salutaires, indispensables même, si une

habitude lentement acquise les a comme élevés au rang de mo-

dalités propres de la vie générale. En physiologie comme en pathologie, le rôle de l’habitude est immense, et il n’est pas permis à l’hygiéniste et au clinicien de l’oublier jamais.

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