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Toute activité nécessaire a une fin nécessaire et même une double lin : l’une immédiate, directe, renfermée dans l’existence active à laquelle elle appartient; l’autre éloignée, indirecte, contenue dans le rapport de l’existence particulière avec l’ordre universel des choses. La première est seule accessible ; la seconde nous échappe et s’adresse à ces problèmes de finalité générale, aussi inabordables pour la science, comme Ta fait remarquer M. Littré, que ceux d’origine première. L’une nous demande suivant quel ordre et à quelle fin est ordonnée l’activité vitale, et nous devons répondre, sous peine île méconnaître un élément essentiel de cette activité. L’autre demande pour quelle raison les êtres vivants existent dans l’ensemble des êtres, quel rôle joue la vie dans les vues infinies, dans les harmonies immuables, question étrangère à notre science, et qui même dépasse toute science.

Quelle est donc la lin immédiate de l’activité vitale ? Les lois nécessaires de la raison, l’embryogénie, l’enseignement entier delà physiologie, témoignent du but propre assigné à la force

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vitale organiquement réalisée, à la vie. Ce liul est le développement régulier et harmonique de la force par le développement de l’organisme lui-même ; l'évolution extérieure de la cause par la production complète des effets qui sont en elle, laquelle implique ici l’accroissement visible de l’être jusqu’à sa période d’état, et, comme effort constant, la tendance à la conservation, la résistance aux forces de destruction. Mais l’accroissement de l’être n’est pas une loi momentanée de l’évolution vitale. C’est une loi générale et nécessaire. Une activité ne peut s’employerà se détruire, et une activité supérieure ne peut céder devant des activités inférieures. Si la mort était le triomphe absolu, plus ou moins lent et éloigné des forces physiques sur la vie, celle-ci serait incompréhensible. Comment concevoir que la vie dominât d’abord les forces physiques, eût le pouvoir de les transformer en un ordre nouveau, de les employer à ses fins, pour que cette domination tombât sans retour comme usurpée? Pourquoi pendant un temps la vie surmonterait-elle les forces brutes, pourquoi leur céderait-elle à un autre moment? La nature n’amasse pas ainsi les contradictions : elle ne saurait consacrer ces conceptions incomplètes des choses qui font dire que la force vitale s’use, est de soi éphémère et tombe enfin devant l’éternelle jeunesse et la puissance prépondérante des forces inorganiques. Une force ne s’use pas. En outre, la vie qui est plus ne peut céder devant la mort qui est moins. La vie est affirmation par rapport aux forces qui agitent le monde inanimé, et celles-ci sont négation vis-à-vis d’elle. Or, l’affirmation domine par soi toute négation, et ne saurait être vaincue par relie que nécessairement elle dépasse.

Commenlcependanl concilier celte assurance d’une vie invincible, avec la mort qui est le terme fatal de toute existence individuelle? Une seule fonction, la vie génératrice y suffit. Elle est le partage exclusif des êtres vivants et assure l’infinie continuité de la vie. La reproduction est physiologiquement la

PRINCIPES DF, PATIIOLOr.IE GÉNÉRALE, fonction essentielle de la période d’état d’un organisme. Pour qu’elle soit mieux assurée, elle a pour elle toute l’époque d'énergie vitale, la virilité et la maturité.

L’être vivant est générateur : dès lors il ne périt plus ; il se renouvelle, il revit, il s’accroît même toujours; car la reproduction n’est pas une, mais multiple. Celle-ci accomplie, la vie est transmise, perpétuée ; elle n’a plus de raison d’être dans l’individu qui l’a émise de son sein ; ce qui en reste à l’organisme n’est plus qu’un déclin, qu’une lente extinction. La vie ancienne s’est pour toujours dépouillée de son activité d’accroissement, des progrès incessants de réalisation qui sont sa loi ; elle les a livrés à celte vie nouvelle qui devient, par rapport à la première, force d’ascension, réalisation progressive, accroissement et perpétuité. Cependant à travers le déclin, la vie individuelle se continue pour un temps, par une force de conservation nécessairement attachée à elle, quoique faiblissant par degrés, tons les jours. Combien 00110 force, si puissante jusque dans les temps de maturité vitale, diminue-t-elle, lorsque ces temps sont passés sans retour, lorsque la vieillesse les a définitivement remplacés! Les synergies fonctionnelles se dissocient peu à peu, l’unité se relâche, la vie cesse enfin. Mais il n’y a pas là une vraie victoire des forces physiques sur la vie; il y a restitution au monde inorganique d’un organisme qui, continuant sa vie hors de lui, l’a frappée en lui. L’illusion de la mort, comme terme et extinction de la vie, nous vient de ce que la nature enveloppe tellement dans le temps et l’espace ses éternelles mutations, que celles-ci échappent àune superficielle attention; de façon que le sens essentiel des phénomènes se perd, et que l’accident se révèle seul à nos yeux.

Si donc, s’élevant au-dessus de l’accidentel, on recherche la loi générale qui régit les développements de la vie dans le monde, on peut l’exprimer en disant que la vie est une forer destinée à se dévelo/tper et à s'accroître, incessamment sur le monde inorganique , tant que ce monde lui. offrira descondi-

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lions ( l’activité , (1er éléments de réalisation. Si l’on se borne à envisager la vie dans l’individu, on devra compléter la définilion que nous en avons donnée, en disant de l’évolulion vitale qu’elle reconnaît pour règle et pour fin dernière , V accroissement ou la multiplication de l'ètre.

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