‹ Principes de pathologie généraleChapitre 72 sur 180 · LXXXVII · texte numérisé non relu

LXXXVII

Quelques médecins organiciens, reconnaissant des maladies dans lesquelles on n’a pu découvrir de lésion, pensent cependant sauver leur, opinion en admettant des lésions que nos sens ne peuvent saisir ou qui s’effacent alors que nous cherchons à les surprendre. « Sans vouloir, dit M. le professeur Roslan, poser des bornes à la puissance de l’esprit humain, on peut présumer qu’il existe des modifications organiques qui ne «ont nullement de nature à tomber sous nos sens ; il en est d’autres qui doivent nécessairement disparaître après la mort. » Remarquons, en passant, que l’honorable professeur parle de la puissance de l’esprit humain, alors qu’il s’agit seulement de la puissance ou de la faiblesse de nos sens! Confondre l’esprit et les sens est, en effet, dans la meilleure logique du sensualisme.

. En d’autres moments, on fait appel aux progrès futurs de l’anatomie pathologique. « Qui vous assure, écrit encore M. Rostan, que des progrès ultérieurs ne vous feront pas reconnaître quelque lésion, là où vous n'en trouvez pasaujour-

IDÉE gknéiule et définition ie la maladie. 106 d’hui? Mais, dites-vous, tant que l'organicisme n’aura pas découvert cette lésion, nous sommes en droit de le nier, et par conséquent de rejeter tout le système. Quoi, vous voulez rejeter toute une doctrine parce qu’il reste dans son ensemble quelque chose à découvrir, quelques lacunes à remplir? » Voilà donc un système dont la prétention est de reposer uniquement sur les faits, que les faits démentent et qui se réfugie dans de vagues assertions, dans d’incertaines promesses. Où ne conduirait pas, en science, un pareil mode de démonstration? Mais, répétons-le, quand même l’avenir réserverait une lésion à chaque maladie, s’ensuivrait-il que la maladie consiste dans la lésion ?

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