‹ Principes de pathologie généraleChapitre 8 sur 180 · XI · texte numérisé non relu

XI

Mais on objecte que la médecine étant une science d’observation positive, il faut la soustraire aux vicissitudes d'une métaphysique préconçue. Nous répondrons en précisant ce que

les médecins ont à demander à la philosophie. Or, ils n’ont pas à trancher les questions de métaphysique transcendante, à adopter une solution relative à la cause première et à son mode d’intervention dans l’ensemble des existences; ni à soumettre la médecine tï une solution quelconque de ces hauts problèmes de la destinée humaine considérée dans son origine et dans sa lin. Nous avons simplement à déterminer les conditions essentielles de la connaissance. Toutes les sciences proprement dites sont sciences d’observation. L’observation pnée se suffit-elle à elle-même, ou ne conduit-elle à une solution réelle de la chose observée, que lorsqu’elle obéit h des règles indépendantes d'elle, qui la dirigent et la soutiennent? ('.onnall-on les réalités, alors que l’on perçoit seulement les apparences? Pour connaître et juger, n’y a-t-il qu’à juxtaposer et h comparer des sensations, nu faut-il en appeler à l’innéité intellectuelle qui vivifie les apparences et anime les sensations île sa propre vie? Voilà les questions sur lesquelles nous, médecins, devons nous prononcer ; questions de méthode que l’on ne peut éloigner, vers • lesquelles tout ramène et dont tout procède.

D’un côté le sensualisme, et de l’autre le spiritualisme. Ramenée à res deux termes, la question philosophiqne se présente simple et claire, et les motifs île décision ne sauraient manquer. Appuyés sur l’analyse de l’entendement eL de tout jugement, nous proclamons la stérilité invincible du sensualisme, son impuissance à rien percevoir d’essentiel et de stable au milieu des faits contingents; en regard, nous manifestons à tous la fécondité des méthodes spiritualistes, édifiant à travers les faits et les perceptions sensibles, d’éternelles connaissances et ces vastes constructions de l’intelligence connues sous le nom de sciences. Qu’y a-t-il là d’obscur et d’incertain? Est-ce assujettir la médecine auxilccisions ou aux doutes d’une téméraire métaphysique?

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