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CHAPITRE V

DE L’ ÉTIOLOGIE 01' DE l’ÉTI DE DES CAUSES EN MÉDECINE.

De l'étiologie dans l'organicisme. — De la doctrine étiologique : de la vraie cause morbifique et de l’occasion morbide. — De la prédisposition morbide. — Caractères et rapports de U cause et de l'occasion. — De l’étiologie chirurgicale. — Du rôle et de la recherche de la cause morbifique. — Coup d’sil sur les classifications des causes morbifiques. — De la tradition dans la doctrine étiologique.

S eu.

Il est une parole sans cesse obscurcie, mais qui n’a pu s’effacer de la mémoire des médecins : la bonne médecine est la médecine des causes; parole vraie et dont le sens profond dépasse infiniment la portée que les préjugés sensualisles lui attribuent aujourd’hui. Comme toutes les vérités simples et grandes, il n’est pas si facile qu’on peut le croire de mesurer ce que contient celle-ci. Voir en cette vérité la médecine entière ; voir que tout fait, que tout jugement clinique, que toute décision thérapeutique qui ne se rattache pas à la connaissance delà cause est de soi nulle, livrée à tous les doutes; voir que même ce que l’on appelle médecine des symptômes n’a de valeur, une raison d’être quelconque, que par une attache plus ou moins directe à la cause cachée sous l’apparence symptomatique ; tout cela n’est pas une affaire de premier coup d’œil, ni ne tombe sous les sens. 11 faut s’y élever avec une lenteur salutaire, par une intuition progressive, de façon à conquérir par degrés, sous une pleine conception de la cause, tous les faits morbides, les proches comme les éloignés, les essentiels comme les accessoires; de la sorte, on détermine le rôle et

l’importance de tout ce qui est afférent et plus ou moins étroitement associé à l’état pathologique; on juge la maladie et ses éléments successifs dans la cause complexe qui les suscite et les gouverne. Montrer ces dépendances, soumettre aux réalités causales les apparences et les effets, est l’œuvre première de la doctrine en médecine.

§ cm.

De rétlolojtte daim l’arganle lime.

Avant d'aborder les conditions réelles de l’éti ologie médicale, nous avons à examiner ce qu’est, dans l’organicisme, cette partie de la science, pourquoi elle est telle, et l’influence qui lui est réservée dans l’histoire des maladies. Afin de remonter aux sources mêmes de longs égarements, nous nous reporterons un instant aux conceptions de la vie et de la maladie fournies par le sensualisme moderne. Tout en découle.

Suivant ces conceptions, l’homme vivant siège au milieu du monde physique sans le dépasser par nature; les forces qui l’animent sont celles qui animent la matière brute. La vie n’est pas une force et une cause propre se développant sur l’ensemble des forces et des existences extérieures à elle; elle n’est pas une activité incessamment impressionnée, sollicitée au mouvement par les conditions des milieux ambiants, mais engendrant toujours en elle les mouvements, les déterminations qui la traduisent au dehors; en un mol, elle n’est pas génération continue, spontanéité nécessaire. La vie est, au contraire, un simple résultat attaché aux forces physiques, à la matière elle-même, dont elle présente l’un des aspects perfectionnés. C’est une essence qui plonge au milieu d’essences similaires, qui prend, reçoit, échange avec ces essences, avec le monde extérieur, sur un pied d’égalité absolue.

L’homme malade obéit aux mêmes lois. La maladie prend

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place, comme la vie, dans l’ordre physique ; elle devient une lésion ou un dérangement mécanique ou chimique. La machine, l’agrégat humain, est mis au rang des machines ou des composés complexes et délicats, pouvant s’altérer et se détruire sous les influences ou les chocs hostiles qui parlent des milieux environnants, et qui l’atteignent comme appartenant à ces milieux, et en subissant les lois universelles et invariables. La maladie ainsi comprise dans ses nécessités premières, que pouvait être et qu’est devenue l’étude des causes morbides? Nous en retracerons d’abord les conditions logiques; nous verrons ensuite comment ces conditions se sont réalisées dans les faits.

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